Journée de la tolérance : l'ONU appelle à agir face à la montée des discriminations dans le monde

16 novembre 2016

A l'occasion de la Journée internationale de la tolérance (16 novembre), le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé à ne pas céder à la provocation et à ne pas se laisser entraîner par ceux qui se nourrissent de la haine et font régner la peur dans nos sociétés.

A l'occasion de la Journée internationale de la tolérance (16 novembre), le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé à ne pas céder à la provocation et à ne pas se laisser entraîner par ceux qui se nourrissent de la haine et font régner la peur dans nos sociétés.

« La tolérance et la compréhension mutuelles, valeurs fermement ancrées dans la Charte des Nations Unies et la Déclaration universelle des droits de l'homme, sont mises à rude épreuve dans le monde entier », a déclaré M. Ban dans un message diffusé mercredi.

« Des réfugiés et des migrants continuent de se heurter à des portes closes et à des réactions hostiles. Des extrémistes violents continuent de s'en prendre à des gens uniquement à cause de leurs convictions et de leurs traditions. Jour après jour, l'intolérance se manifeste sous les traits du racisme, de la haine des Musulmans, de l'antisémitisme et d'autres formes de discrimination », s'est-il alarmé.

« Trop de conflits armés ont une dimension sectaire; trop de différends sociaux obéissent aux lignes communautaires, et trop de personnalités politiques estiment avec cynisme que pour gagner des votes, il faut diviser la population », a dit le Secrétaire général rappelant que la tolérance que prône l'ONU est le fondement même de son identité. « Nous soutenons ceux qui encouragent la tolérance, mais lorsque celle-ci est menacée, nous ne pouvons rester les bras croisés », a-t-il prévenu.

L'ONU a lancé une nouvelle campagne visant à promouvoir la tolérance, le respect et la dignité dans le monde entier, qu'elle a tout simplement baptisée 'Ensemble'. Elle entend ainsi répondre à la xénophobie dont tant de réfugiés et de migrants sont victimes et mettre en avant les avantages de la diversité et des migrations. Cette campagne s'inscrit également dans le cadre de l'action que l'Organisation mène plus largement en faveur de la compréhension mutuelle et de l'harmonie dans le monde.

« Dans un monde de diversité, la tolérance est une condition de la paix », a rappelé le chef de l'ONU. « Elle est aussi un levier du développement durable, en favorisant la construction de sociétés plus inclusives, et donc plus résilientes, capable de puiser dans les idées, les énergies créatrices et les talents de chacun de ses membres », a-t-il ajouté

« Pour relever les défis d'aujourd'hui, rejetons l'idée trompeuse que « nous » n'appartenons pas au même monde qu'«eux » », a dit M. Ban. « Appliquons donc l'adage « Nous, les peuples » dans notre vision du monde et de toutes les possibilités qu'il offre » », a-t-il conclu.

« Les cultures s'enrichissent de leurs échanges mutuels »

Pour la Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, la tolérance est une « idée parfois menacée, souvent minoritaire ».

Dans un message diffusé à l'occasion de la Journée, Mme Bokova a regretté l'augmentation dans de nombreux pays des logiques du repli et du rejet ainsi que l'instrumentalisation des crises migratoires, de la situation tragique des réfugiés ou des conflits armés, « que l'on exploite pour attiser la haine de l'autre, stigmatiser les minorités et légitimer les discriminations ».

« J'entends la montée de discours racistes et des stéréotypes sur les religions ou les cultures, où l'on explique que les peuples différents ne peuvent pas vivre ensemble et que le monde irait mieux si nous retournions aux temps anciens où les « cultures pures » vivaient entre soi, protégées des influences extérieures, dans un passé mythifié qui n'a jamais existé »,a-t-elle déploré.

Pour la Directrice générale, contrer cette logique du repli nécessite de redonner force et substance à la culture de la tolérance. « Nous devons redire à quel point les cultures s'enrichissent de leurs échanges mutuels. Nous devons rappeler les faits historiques, rappeler comment les peuples et les identités se sont mêlés, donnant naissance à des cultures plus riches, plus complexes, aux identités multiples », a-t-elle dit « Nous pouvons démontrer, en nous appuyant sur le témoignage vivant des pierres du patrimoine mondial, qu'aucune culture ne grandit jamais dans l'isolement, et que la diversité est une force, et non une faiblesse », a-t-elle ajouté.

« Nous devons redire que la tolérance n'est pas l'acceptation naïve ou passive de la différence : c'est un combat pour le respect des droits fondamentaux », a souligné la chef de l'UNESCO. « La tolérance n'est pas le relativisme ou l'indifférence. C'est un engagement de tous les jours à chercher, dans notre diversité, les liens qui unissent l'humanité », a-t-elle affirmé.

 

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