MARRAKECH : le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord agissent face à l'impact du changement climatique

16 novembre 2016

Conscients des risques liés au changement climatique, les pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), comme par exemple le Maroc, l'Arabie saoudite ou la Tunisie, ont commencé à agir et ont présenté leurs initiatives à la Conférence des Nations Unies sur le climat à Marrakech (COP 22).

« Le changement climatique va aggraver une situation déjà difficile et touchera des millions d'individus dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord », a déclaré le Vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA, Hafez Ghanem, lors d'une conférence de presse mardi à la COP 22. « Bien conscients des risques, les pays de la région ont commencé à agir ».

L'agriculture dans cette région est particulièrement vulnérable aux écarts de température et de précipitations et les températures, en hausse partout dans le monde, augmenteront encore plus vite dans les pays de cette région. En 2015, le Maroc a ainsi vu son produit intérieur brut chuter de 1,5% avec la destruction, par la sécheresse, de la moitié des champs de blé.

Lors d'une table ronde vendredi sur l'initiative du Secrétaire général des Nations Unies sur la résilience climatique, le Négociateur en chef de l'Arabie saoudite sur le climat, Khalid Abuleif, a déclaré que la région allait rencontrer « beaucoup de défis du point de vue de l'écosystème et du point de vue socio-économique ». Le défi n'est pas seulement de réduire les émissions de gaz à effet de serre mais aussi d'augmenter « notre résilience », a-t-il ajouté.

Gestion durable de l'eau en Arabie saoudite

Alors que l'Arabie saoudite est en train de diversifier son économie, tout nouveau secteur sera soumis à des réglementations qui répondront aux questions de durabilité et de résilience climatique, a souligné M. Abuleif. Il a ajouté que son pays se concentrait particulièrement sur la gestion durable de l'eau et la protection des zones côtières.

De son côté, la Tunisie a annoncé une réduction de ses émissions de gaz à effet de serre de 41% d'ici 2030, dont13% seront basés sur les efforts nationaux, tandis que le reste viendra du soutien fourni par la communauté internationale. Une semaine après la COP 22, la Tunisie accueillera une conférence internationale sur l'investissement (29-30 novembre) pour mobiliser 2,4 milliards de dollars, dont 40% seront alloués à des projets relatifs à l'économie verte et axés sur les énergies renouvelables.

Au Maroc, pour répondre aux engagements du pays en matière d'action climatique, la Banque Al Maghrib (banque centrale) a récemment dévoilé la feuille de route du secteur financier marocain en matière de financement climatique.

Au Maroc, la centrale solaire de Ouarzazate

Le Maroc a aussi adopté de meilleures pratiques de gestion de l'eau par le secteur agricole et a planté des variétés plus résistantes au changement climatique, a noté le Vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA. Ce pays a également réduit son niveau d'émissions avec la suppression de la plupart des subventions à l'énergie et la construction d'une immense centrale solaire à Ouarzazate.

« C'est ce type d'actions globales de lutte contre le changement climatique que nous soutenons dans la région », a dit M. Ghanem.

Radio des Nations Unies

Riadh Mouakhar, Ministre des affaires locales et de l'environnement de la Tunisie, explique que la vulnérabilité climatique de son pays découle en grande partie du fait que son économie dépend beaucoup du littoral.

Le Groupe de la Banque mondiale a dévoilé mardi un nouveau plan pour renforcer son soutien aux pays de la région en pratiquement doublant la part des financements dédiés à la lutte contre le changement climatique au cours des quatre prochaines années, pour la porter à 1,5 milliard de dollars par an d'ici 2020. Ce plan contient quatre axes : sécurité alimentaire et hydrique ; adaptation durable des villes à la nouvelle donne climatique ; transition vers des énergies décarbonées ; et protection des plus pauvres, les plus exposés aux conséquences du changement climatique.

 

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