Le conflit au Soudan du Sud a déplacé des milliers de personnes en octobre, selon le HCR

4 novembre 2016

Le conflit au Soudan du Sud, « l'une des plus grandes crises humanitaires au monde », continue d'engendrer de grandes souffrances et d'énormes volumes de déplacements, a indiqué vendredi le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Selon les informations dont disposent le HCR, pendant le mois d'octobre, 3.500 personnes en moyenne ont fui chaque jour le Soudan du Sud vers les pays voisins : l'Ouganda, la République démocratique du Congo (RDC), l'Ethiopie et le Soudan.

« Dans ces pays, le HCR, les autorités nationales et d'autres acteurs humanitaires s'efforcent de créer des conditions sûres et humaines pour les nouveaux arrivants », a déclaré une porte-parole du HCR, Cécile Pouilly, lors d'un point de presse à Genève, précisant que neuf personnes déplacées sur dix sont des femmes et des enfants.

La plus grande partie de cet exode a été vers l'Ouganda, qui a vu arriver plus d'un quart de million de nouveaux réfugiés depuis la réémergence des violences à Juba le 7 juillet. Un nouveau site à Bidibidi a été ouvert en août et est devenu l'une des plus grandes zones d'accueil de réfugiés dans le monde. Elle compte aujourd'hui 170.000 réfugiés sud-soudanais.

En République démocratique du Congo, 60.000 réfugiés sont arrivés depuis juillet 2016. L'Ethiopie a enregistré 36.600 nouveaux arrivants depuis le début de septembre. Au Soudan, le nombre de réfugiés sud-soudanais a dépassé le seuil d'un quart de million.

Ces personnes « dénoncent des groupes armés qui harcèlent des civils, tuent et torturent des personnes suspectées de soutenir des factions adverses, brûlent des villages, agressent sexuellement des femmes et des filles et recrutent des jeunes hommes et des garçons », a dit Mme Pouilly.

« Au cours des dernières semaines, les réfugiés utilisent de plus en plus les points de passage informels de la frontière, en raison de la présence de groupes armés empêchant les gens d'utiliser les routes principales », a expliqué la porte-parole. « De nombreux réfugiés déclarent avoir dû marcher dans la brousse pendant des jours, souvent sans nourriture ni eau ».

« Fournir une aide immédiate, y compris de la nourriture, de l'eau et un abri, demeure la principale priorité du HCR », a souligné Mme Pouilly. « Mais un grave sous-financement entrave nos efforts sur le terrain ».

Le HCR a précisé que tous les réfugiés de tous les sites recevront des parcelles de terrain, des matériaux de construction, des articles ménagers et des outils agricoles pour les aider à devenir autonomes.

 

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