Iraq : plus de 200 civils tués par Daech dans la région de Mossoul, selon l'ONU

28 octobre 2016

L'Etat islamique d'Iraq et du Levant (EIIL), appelé aussi Daech, aurait tué 232 civils et contraint des dizaines de milliers de personnes à quitter leurs domiciles dans la région de Mossoul, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH).

L'Etat islamique d'Iraq et du Levant (EIIL), appelé aussi Daech, aurait tué 232 civils et contraint des dizaines de milliers de personnes à quitter leurs domiciles dans la région de Mossoul pour les relocaliser de force dans la ville même depuis que le gouvernement iraquien a commencé son offensive, selon des informations crédibles obtenues par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH).

Les combattants de l'EIIL auraient tué des civils qui ont refusé de se conformer à leurs instructions ou qui appartenaient auparavant aux forces de sécurité iraquiennes, dont 232 personnes qui auraient été exécutées mercredi.

« Sur les 232 civils abattus mercredi, 190 étaient d'anciens membres des forces de sécurité iraquiennes. Ils ont été tués à la base militaire d'al-Ghazlani à Mossoul », a déclaré une porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani, lors d'un point de presse à Genève. « Les 42 autres civils auraient reçu une balle dans la tête à la base militaire al-Izza après avoir refusé de se joindre à l'EIIL ».

« Il semble qu'un jour plus tôt, un grand nombre de ces hommes et leurs familles ont été contraints par l'EIIL de quitter les sous-districts de Shura et d'al-Qayyarah, et ont d'abord été amenés à Hamam al-Alil, où les hommes ont été séparés des femmes et des enfants », a dit Mme Shamdasani.

Des civils utilisés comme 'boucliers humains'

Des informations font état de l'enlèvement par l'EIIL d'au moins 5.370 familles du sous-district de Shura, 160 familles du sous-district d'al-Qayyarah, 150 familles du sous-district d'Hamam al-Alil et 2.210 familles du sous-district de Nimrud dans le quartier al-Hamdaniya.

« Forcées à la pointe du fusil, ou tuées si elles résistent, ces personnes auraient été déplacées vers des endroits stratégiques où se trouvent des combattants de l'EIIL », a indiqué la porte-parole du HCDH ajoutant que selon les informations reçues, 60.000 personnes résident actuellement à Hamam al-Alil, un bastion de l'EIIL qui comptait auparavant de 23.000 habitants.

« La stratégie dépravée et lâche de l'EIIL consiste à essayer d'utiliser la présence de civils pour mettre certains sites, zones ou forces militaires à l'abri des opérations militaires, en utilisant des dizaines de milliers de femmes, d'hommes et d'enfants comme boucliers humains », a dit le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein.

L'utilisation de boucliers humains est interdite en vertu du droit international humanitaire, et constitue une violation du droit à ne pas être arbitrairement privé de la vie.

Pour le HCDH, ces informations ne sont nullement exhaustives, mais sont révélatrices d'une situation très grave de violations du droit international relatif aux droits de l'homme et du droit international humanitaire commis par l'EIIL.

Nécessité du respect les droits de l'homme et le droit humanitaire

Face aux violations flagrantes du droit par l'EIIL, M. Zeid estime qu'il est encore plus crucial que les forces gouvernementales et leurs alliés assurent le respect scrupuleux du droit international relatif aux droits de l'homme et du droit international humanitaire.

« Il est de la plus haute importance d'assurer le plein respect des principes cardinaux de la distinction, de la proportionnalité et de la précaution », a déclaré le Haut-Commissaire. « Les combattants de l'EIIL capturés et ceux soupçonnés d'avoir soutenu ces derniers doivent être traités en pleine conformité avec le droit international et rendre compte de leurs crimes devant des tribunaux constitués ».

M. Zeid a exprimé sa profonde préoccupation concernant des informations rapportant que certains individus, dans des régions au sud de Mossoul, ont entrepris des meurtres de vengeance et juré à la télévision qu'il y aura « une revanche œil pour œil» contre ceux qui se sont rangés du côté de l' EIIL.

Le HCDH a qualifié « d'étape positive », les informations indiquant qu'un certain nombre de chefs de tribus de Ninawa ont convenu que leurs membres ne devraient pas se venger, mais devraient veiller à ce que les auteurs de crimes et les combattants de l'EIIL capturés soient remis aux autorités pour une justice formelle. Cependant, les tensions restent élevées et de potentielles représailles restent élevées.

« Même si l'opération militaire continue, les dirigeants politiques et des communautés doivent se préparer pour le jour d'après la défaite de l'EIIL, afin d'assurer la protection de tous les Iraquiens sans discrimination, la responsabilité des auteurs de crimes et la justice pour les victimes », a déclaré le chef des droits de l'homme de l'ONU. « Cela sera crucial pour éviter d'attiser les sentiments sectaires et pour étancher la soif de vengeance », a-t-il conclu.

 

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