Syrie : le chef de l'ONU se dit consterné par une attaque meurtrière contre une école dans le gouvernorat d'Idlib

27 octobre 2016

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est dit consterné jeudi par les informations faisant état d'une attaque qui a tué la veille des élèves et des enseignants dans un complexe scolaire du village de Haas, dans le gouvernorat d'Idlib, en Syrie.

« Si cette attaque est délibérée, cela peut constituer un crime de guerre », a dit le porte-parole du Secrétaire général dans une déclaration à la presse.

« Le Secrétaire général appelle à une enquête immédiate et impartiale sur cette attaque et d'autres attaques similaires contre des civils en Syrie. Si ces actes horribles persistent malgré l'indignation mondiale, c'est en grande partie parce que leurs auteurs, que ce soit dans les couloirs du pouvoir ou dans les bastions insurgés, ne craignent pas la justice. Il faut leur prouver le contraire », a-t-il ajouté.

Mercredi soir, le Directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), Anthony Lake, s'était dit révolté par l'attaque qui aurait tué 22 enfants et 6 enseignants.

« C'est une tragédie. C'est scandaleux. Et si c'est délibéré, cela constitue un crime de guerre », a dit M. Lake, qui a précisé que le complexe scolaire avait été attaqué à plusieurs reprises. Il a souligné que cette attaque « pourrait être l'attaque la plus meurtrière visant une école depuis que la guerre a commencé il y a plus de cinq ans ».

« Les enfants perdus pour toujours par leurs familles ... les enseignants perdus pour toujours par leurs élèves ... une cicatrice de plus qui affectera l'avenir de la Syrie », a encore dit M. Lake.

« Quand est-ce que le dégoût du monde face à une telle barbarie sera-t-il accompagné par l'insistance que cela doit cesser ?», a-t-il demandé.

Jeudi, le chef de l'UNICEF a publié un autre communiqué de presse dénonçant d'autres attaques contre des écoles en Syrie, à Douma et dans l'ouest d'Alep, portant à cinq le nombre d'écoles frappées depuis le 11 octobre.

L'Envoyé spécial de l'ONU pour l'éducation globale, Gordon Brown, a également dénoncé jeudi l'attaque contre l'école de Haas, « la pire attaque contre des écoliers sur les 98 attaques ayant visé des écoles syriennes au cours des deux dernières années ».

« Je demande au Conseil de sécurité de convenir immédiatement que le procureur de la Cour pénale internationale mène une enquête sur ce que je considère comme un crime de guerre », a dit M. Brown dans un communiqué de presse.

L'Envoyé spécial a également annoncé que le Fonds “L'Education ne peut pas atteindre” allait octroyer 15 millions de dollars à l'éducation des enfants en Syrie, « dont une partie peut être utilisée au bénéfice des enfants de la province d'Idlib ».

Mercredi, à l'occasion d'une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la Syrie, le chef de l'humanitaire de l'ONU, Stephen O'Brien, a une nouvelle fois dénoncé la destruction systématique du pays et de sa population et a réclamé la fin du statu quo.

« Mois après mois, la situation empire, et rien ne se passe réellement pour arrêter la guerre, arrêter la souffrance », a déclaré M. O'Brien dans un discours devant les membres du Conseil. Face à cette situation, il a estimé que le Conseil de sécurité pouvait agir « pour éviter la répétition sans fin de ces événements qui ne manqueront pas de se produire si le statu quo est maintenu ».

 

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