Soudan du Sud : l'ONU appelle à lutter contre la montée dangereuse des discours de haine ethnique

26 octobre 2016

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a prévenu que la montée des discours de haine et d'incitation à la violence contre certains groupes ethniques au Soudan du Sud était très dangereuse et pouvait entraîner des atrocités de masse si elle n'est pas dénoncée par les dirigeants politiques et communautaires.

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a prévenu que la montée des discours de haine et d'incitation à la violence contre certains groupes ethniques au Soudan du Sud était très dangereuse et pouvait entraîner des atrocités de masse si elle n'est pas dénoncée par les dirigeants politiques et communautaires.

Dans un communiqué de presse publié mardi, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a indiqué que des lettres comportant des avertissements très clairs de violence à l'encontre des personnes originaires de la région d'Equatoria ont été déposées ces deux dernières semaines devant les portes d'organisations humanitaires dans le comté d'Aweil Ouest, dans l'Etat de Bahr el Ghazal-Nord, au nord-ouest du pays.

Les lettres, prétendument écrites par des personnes de la communauté Dinka, ont averti les Equatoriens de choisir entre partir ou être 'éliminés', avec des menaces de violences, de mutilations et de meurtres. Certains responsables dans la région se seraient joints à ces discours de haine. Un membre équatorien du personnel d'une organisation humanitaire a été attaqué le 16 octobre dans la ville d'Aweil où 92 employés d'organisations humanitaires ont été évacués et 12 autres de la ville de Bor.

Les menaces sont apparues en réaction à la mort d'un nombre indéterminé de civils de la communauté Dinka qui voyageaient en bus vers la capitale Juba le 8 octobre, et à une attaque contre trois autres autobus survenue le 10 octobre. Des rumeurs ont circulé sur les médias sociaux sur le nombre de civils tués, appelant à des attaques de vengeance contre les Equatoriens.

« Le discours de haine ethnique au Soudan du Sud, particulièrement s'il est exploité à des fins politiques, peut avoir des conséquences dévastatrices pour des communautés entières, se transformant rapidement en représailles », a déclaré le Haut-Commissaire. « J'exhorte le Président Salva Kiir et tous les dirigeants politiques et communautaires ayant une influence à condamner de toute urgence et sans ambiguïté l'incitation à la violence et à prendre des mesures urgentes pour désamorcer les tensions », a-t-il ajouté.

Pour M. Zeid, une enquête rapide et transparente sur les violences des 8 et 10 octobre et le fait que leurs auteurs rendent individuellement et pénalement des comptes constitueraient une « avancée importante ». « Ceux qui sont derrière ces terribles menaces à l'encontre des Equatoriens doivent également rendre des comptes », a-t-il précisé.

Le Haut-Commissaire a salué le communiqué de presse émis par les autorités locales appelant tous les citoyens à condamner ces prétendues menaces. Il s'est toutefois dit préoccupé par une déclaration du Président Kiir le 19 octobre, dans laquelle le chef de l'Etat a dit qu'il allait personnellement mener des opérations militaires contre les groupes armés responsables de ces meurtres dans la région. La déclaration a été largement interprétée comme revêtant une connotation ethnique.

 

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