Yémen : l'ONU salue l'entrée en vigueur de la cessation des hostilités et achemine l'aide humanitaire

21 octobre 2016

L'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'ONU pour le Yémen, Ismail Ould Cheikh Ahmed, et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) se sont félicités de la cessation des hostilités de 72 heures qui a commencé mercredi 19 octobre à minuit.

L'Envoyé spécial du Secrétaire général de l'ONU pour le Yémen, Ismail Ould Cheikh Ahmed , et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) se sont félicités vendredi de la cessation des hostilités de 72 heures qui a commencé mercredi 19 octobre à minuit et ont exhorté toutes les parties à veiller à ce que les termes soient pleinement respectés.

« La cessation des hostilités est fragile, mais elle est en grande partie respectée », a indiqué l'Envoyé spécial dans une déclaration à la presse, soulignant l'amélioration de la situation générale de la sécurité dans la capitale Sana'a et dans plusieurs régions du Yémen, malgré les cas signalés de violations dans d'autres régions telles que Taëz et les régions frontalières avec l'Arabie Saoudite.

« Nous espérons que le cessez-le-feu durera et conduira à la reprise des pourparlers de paix, ouvrant ainsi la voie à davantage d'aide pour les civils affectés par le conflit », a déclaré pour sa part le porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d'un point de presse à Genève.

M. Ould Cheikh Ahmed a exhorté toutes les parties à faire preuve de retenue et à éviter une nouvelle escalade. Son bureau a précisé qu'il poursuivait les consultations avec toutes les parties pour trouver un accord sur une extension de la durée de la cessation des hostilités afin de créer un environnement propice à une paix durable au Yémen.

L'Envoyé spécial et le HCR ont plaidé auprès des parties au conflit pour un accès humanitaire régulier, soutenu et sans entrave pour aider les personnes qui en ont besoin dans toutes les régions du pays.

Le HCR achemine l'aide humanitaire d'urgence

Le HCR délivre actuellement du matériel d'urgence à plus de 125.000 personnes déplacées, y compris à Taëz, une ville en proie aux combats, dans le sud du pays.

« Ces distributions d'aide font partie de la réponse humanitaire mise en œuvre depuis le début du conflit au Yémen en mars 2015, mais l'accès est souvent difficile », a dit M. Edwards.

Les opérations humanitaires au Yémen sont toujours limitées par le conflit, qui affecte 21,2 millions de personnes (plus de 80% de la population). « La possibilité d'apporter une aide aux personnes dans le besoin dans les zones difficiles d'accès et affectées par le conflit est particulièrement importante », a souligné le porte-parole du HCR.

Pour le mois d'octobre et avant la trêve, l'agence de l'ONU pour les réfugiés a déjà apporté une aide à 12.309 personnes dans les gouvernorats d'Al Hudaydah, Amanat Al Asimah, Amran, Hajjah, Sa'ada et Sana'a. « Quelque 21 autres convois sont en route ou en cours de préparation pour se rendre à Taëz, ainsi que dans cinq autres gouvernorats (Ibb, Amanat Al Asimah, Amran, Hajjah et Al Hudaydah) », a dit M. Edwards.

L'aide humanitaire acheminée par le HCR comprend des articles non alimentaires tels que des bâches, des nattes de couchage, des couvertures, des ustensiles de cuisine et des seaux, des kits d'hygiène et des équipements d'assainissement. Des kits de réparation pour les abris aideront également quelque 25.760 personnes.

« Une grande partie de cette aide a été soit pré-positionnée dans les entrepôts du HCR dans les gouvernorats de Sana'a et Al Hudaydah, soit expédiée vers le port d'Al Hudaydah via des livraisons récentes totalisant 1475 tonnes », a indiqué le porte-parole du HCR. « Tous ces efforts de pré-positionnement et de distribution font suite à des semaines de préparation pour la circulation des convois ».

Plus de 2,2 millions de personnes déplacées à l'intérieur du Yémen

Une grande partie des infrastructures vitales du Yémen a été détruite et la situation économique est catastrophique. « Dans ce contexte, les besoins clés pour les déplacés yéménites sont des besoins en termes d'abris, ainsi que de nourriture et d'eau potable », a souligné M. Edwards. « La plupart des personnes déplacées (62%) sont actuellement hébergées par les communautés locales qui sont mises à rude épreuve tandis que d'autres ont trouvé refuge dans des logements loués ou dans des habitations de fortune, y compris des bâtiments publics ou abandonnés et des installations informelles », a-t-il précisé.

L'agence de l'ONU pour les réfugiés souligne que la majorité des personnes contraintes de fuir leurs maisons vivent en tant que déplacés depuis au moins 10 mois en moyenne dans un contexte de détérioration des conditions. « Les personnes ayant trouvé abri dans des installations informelles ou des centres collectifs luttent pour survivre dans des conditions de pauvreté et de surpopulation », a dit le porte-parole du HCR. « D'autres vivant dans des locaux loués risquent l'expulsion ou l'extorsion. Les communautés hôtes locales sont mises à rude épreuve après avoir pris soin de tant de déplacés depuis si longtemps », a-t-il ajouté.

Selon le HCR, le conflit au Yémen a engendré plus de 2,2 millions de personnes déplacées internes et a par ailleurs contraint quelque 180.500 personnes à fuir vers d'autres pays de la région. Quelque 278.034 réfugiés et demandeurs d'asile se trouvent également au Yémen, principalement en provenance de la Somalie et de l'Ethiopie.

 

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