Afghanistan : l'ONU souligne l'importance du respect des droits des communautés religieuses et ethniques

18 octobre 2016

Dans un rapport spécial publié mardi sur l'attaque survenue à Kaboul en juillet dernier, la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) a déclaré que les droits humains fondamentaux de tous les Afghans doivent être respectés, y compris les droits des communautés religieuses et ethniques.

Dans un rapport spécial publié mardi sur l'attaque survenue à Kaboul en juillet dernier, la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) a déclaré que les droits humains fondamentaux de tous les Afghans doivent être respectés, y compris les droits des communautés religieuses et ethniques.

Le 23 juillet dernier, un mouvement de protestation, connu sous le nom de 'Enlightening Movement', a organisé une grande manifestation pacifique dans la capitale afghane. A la fin de cette manifestation, deux kamikazes ont fait exploser leurs ceintures explosives au milieu des manifestants. Le second kamikaze a raté son explosion et a été abattu par les forces de sécurité afghanes.

Au total, 85 civils ont été tués et plus de 400 autres ont été blessés dans l'attaque la plus meurtrière qu'ait connue l'Afghanistan depuis que la MANUA a commencé à recenser les victimes civiles en 2009. Presque toutes les victimes étaient des hommes de la communauté hazara qui est majoritairement chiite.

Intitulé « Attaque contre une manifestation pacifique à Kaboul, le 23 juillet 2016 », le rapport de la Mission onusienne examine le contexte difficile de la manifestation, la planification et la préparation des forces de sécurité afghanes, leur comportement durant la manifestation et la réponse immédiate à l'attaque et ses conséquences.

Le rapport examine également les mesures d'atténuation des risques qui ont été prises par les forces de sécurité afghanes et les organisateurs de la manifestation. La MANUA a souligné que ce rapport ne vise pas à remplacer la propre enquête criminelle du gouvernement afghan sur cet incident.

Selon les conclusions du rapport, l'attaque du 23 juillet a délibérément pris pour cible des civils dans le but apparent de semer la terreur. Le rapport note également que l'attaque semble avoir délibérément ciblé des personnes appartenant à une communauté ethnique et religieuse spécifique.

Daech, aussi connu sous le nom de l'Etat islamique d'Iraq et du Levant (EIIL), a revendiqué la responsabilité de l'attaque, en employant un langage qui faisant l'apologie de la haine religieuse et de la violence. L'attaque a également eu un impact négatif sur les droits des manifestants à la liberté d'opinion et d'expression, ainsi que de réunion pacifique.

La publication du rapport intervient dans un contexte d'augmentation croissante de la violence sectaire attribuée à Daech. Les 11 et 12 octobre, deux attaques distinctes contre des congrégations chiites commémorant l'Achoura à Kaboul et dans la province septentrionale de Balkh ont tué au moins 35 civils et blessé plus de 100 autres. Daech a publié une déclaration en ligne revendiquant la responsabilité de l'attaque d'octobre à Kaboul en utilisant un langage semblable à celui utilisé dans sa revendication de l'attaque du 23 juillet.

 

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