Les condamnations à mort servent souvent la propagande des terroristes, selon l'ONU

10 octobre 2016

A l'occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a souligné lundi que dans le cas des crimes de terrorisme les condamnations à mort servent souvent la propagande des terroristes.

« Nous devons poursuivre nos efforts en vue de l'abolition de la peine de mort partout et dans tous les contextes », a déclaré M. Ban dans un message.

Cette année, l'accent est mis sur les infractions liées au terrorisme, alors que 65 pays à travers le monde appliquent encore la peine de mort pour ce type de crimes.

Selon le chef de l'ONU, « les mesures de lutte contre le terrorisme doivent, au même titre que toutes les opérations menées en matière de sécurité, être ancrées dans le respect des droits de l'homme et de l'état de droit, gage de leur légitimité et de leur efficacité ».

« Pourtant, les peines de mort prononcées pour crime de terrorisme le sont souvent au terme de procès expéditifs et iniques, par des tribunaux militaires ou des cours spéciales. Les aveux obtenus l'ont souvent été sous la contrainte ou par d'autres voies sans que le droit de faire appel soit respecté. Certains États cherchent même à ériger en infraction l'exercice légitime des libertés fondamentales en incluant dans leur législation antiterroriste de vagues définitions », a souligné M. Ban.

Le Secrétaire général a rappelé que la participation à des manifestations pacifiques et la formulation de critiques à l'égard d'un gouvernement –que ce soit en privé, sur Internet ou dans les médias– ne constituent pas un crime ni un acte terroriste. « Recourir ou menacer de recourir à la peine de mort dans ce type d'affaires est une violation criante des droits de l'homme », a-t-il dit.

« Certains prétendront que l'application de la peine capitale permettra de faire diminuer le terrorisme, mais ce n'est pas vrai. L'expérience montre au contraire que les condamnations à mort servent la propagande des mouvements terroristes, en fabriquant de soi-disant martyrs et en rendant leurs campagnes de recrutement macabres encore plus efficaces », a-t-il ajouté. « Le maintien de l'état de droit et le respect des droits de l'homme, même face au terrorisme et à l'extrémisme violent, sont une obligation qui ne pourra qu'améliorer la capacité des sociétés à lutter contre les menaces terroristes ».

 

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