Investir dans le développement de la petite enfance est essentiel à l'épanouissement des communautés, selon l'ONU

5 octobre 2016

Environ 249 millions d'enfants de moins de cinq ans dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire sont confrontés à un risque élevé de faible développement en raison de l'extrême pauvreté et de retards de croissance, selon une nouvelle série d'articles scientifiques soutenue par l'ONU et publiée par la revue médicale The Lancet.

« Investir dans les jeunes enfants est un impératif moral, économique et social », a déclaré la Directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Dr Margaret Chan. « Les Objectifs de développement durable (ODD) ont fourni une vision prometteuse sur la santé des enfants et des adolescents, mais la volonté politique et l'augmentation des investissements dans le développement de la petite enfance sont nécessaires pour assurer que ces objectifs ambitieux soient atteints », a souligné la chef de l'OMS, qui, avec le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et la Banque mondiale, a contribué et proposé des conseils à la série.

Selon les trois organisations, la série d'articles montre que des interventions dans le développement de la petite enfance encourageant des soins en matière de santé, de nutrition, de sécurité et d'apprentissage précoce ne coûteraient environ qu'un demi dollar par enfant et par an, lorsqu'ils sont associés à des services déjà existants en matière de santé.

« Il est temps d'agir maintenant », a déclaré l'un des co-auteurs de la série, Linda M. Richter, du Centre d'excellence en développement humain à l'Université de Witwatersrand à Johannesburg, en Afrique du Sud. « Nous espérons que les éléments de preuve apportés par cette série d'articles aideront les pays à atteindre plus de femmes enceintes et de jeunes enfants avec des services qui ont le potentiel d'améliorer considérablement les résultats du développement pour les enfants, ainsi que leur santé, bien-être et productivité économique lorsqu'ils seront adultes », a-t-elle souhaité.

La recherche montre que le cerveau d'un enfant se développe plus rapidement au cours des deux à trois premières années de son existence plutôt qu'à tout autre moment dans la vie. Ces premières années sont aussi une période critique en termes d'adaptabilité et de réactivité aux interventions. Lorsque les jeunes enfants sont privés de nutrition, de stimulation et de protection, les effets néfastes peuvent nuire à long terme aux familles et aux communautés

« La science et l'économie penchent nettement du côté de l'investissement dans les 1.000 premiers jours de la vie d'un enfant, en commençant par la grossesse d'une femme », a déclaré le Vice-président du développement humain à la Banque mondiale, Keith Hansen.

Le Directeur exécutif de l'UNICEF, Anthony Lake, s'est fait l'écho de ce diagnostic soulignant que « la science nous montre que ce que vivent les enfants dans les premiers jours et années de leur vie façonne et définit leur avenir ».

« Nous devons transformer cette science en une sonnette d'alarme - parce que le développement de millions d'enfants est en danger. À l'heure actuelle, 43% des enfants dans les pays à revenu faible ou intermédiaire risquent de ne pas atteindre leur potentiel cognitif », a précisé M. Lake. « Aucun pays ne peut risquer de perdre près de la moitié du potentiel du cerveau de ses citoyens les plus jeunes – encore moins les pays à revenu faible et intermédiaire », a-t-il ajouté.

Les auteurs de la série proposent plusieurs façons d'accroître le soutien aux services de développement de la petite enfance, notamment la création d'environnements favorables aux familles pour la dispense de soins aux jeunes enfants et le développement de la recherche.

 

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