Haïti : des différends politiques, la menace du choléra, 12 Casques bleus et deux nouveaux puits

4 octobre 2016

Les habitants de Pilate, une ville isolée dans le nord d’Haïti, ont observé récemment une scène inhabituelle : des hommes étrangers en uniforme posant les fondations en béton d’un puits près de l'hôpital et de l'école locale.

Ces habitants s’étaient pourtant résignés à un approvisionnement en eau déficient depuis des mois après les affrontements politiques qui ont conduit en décembre au sabotage du système d'adduction d’eau existant.

« Il y avait un différend entre les deux partis politiques et, pour punir la population de la ville, l'un d'entre eux à couper l'alimentation en eau de la communauté », raconte la Directrice générale de l'Hôpital L'Espérance de Pilate, Sœur Louisa Bélanger.

Le sabotage signifiait que les résidents devaient compter sur des approvisionnements en eau externes dans un endroit déjà difficile d'accès, alors que l’arrondissement de Plaisance, où se trouve la région de Pilate, est connu pour son relief montagneux et la faiblesse de son réseau routier. Cela n’a fait qu’aggraver une situation déjà désastreuse à Pilate, identifiée par les autorités en novembre 2015 comme l'une des 15 communautés sous «alerte rouge» pour l'épidémie de choléra dans le pays.

Coïncidant avec la Journée internationale de l'eau le 22 mars, un groupe de fonctionnaires des Nations Unies, dirigé par le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général pour Haïti, Mourad Wahba, a visité Pilate pour rencontrer des représentants des autorités locales et des groupes communautaires afin d'évaluer les besoins de la ville après le sabotage.

M. Wahba était accompagné de représentants du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (BCAH), ainsi que de spécialistes de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH).

« Nous sommes prêts à vous aider avec l'approvisionnement en eau mais nous demandons de la vigilance pour la viabilité à long terme du système », a déclaré lors de la visite M. Wahba, qui sert également de Coordonnateur humanitaire des Nations Unies en Haïti. « La conscience civique des résidents de Pilate est fondamentale à cet égard ».

Avec d'autres, comme le maire de la ville et des représentants d'organisations non gouvernementales, Sœur Louisa a rencontré les responsables de l'ONU et a demandé leur aide.

Le Coordonnateur humanitaire s’est engagé à soutenir la ville et a demandé aux autorités locales de proposer un plan pour la gestion et la protection d'un nouveau réseau d'eau, ainsi qu'un deuxième plan contenant des propositions visant à améliorer les possibilités de développement dans la ville. Alors que ces projets étaient en cours de préparation, la MINUSTAH, dans le cadre d’une mesure d'urgence, a transporté de l'eau par camion auprès de la communauté, en particulier pour qu’elle soit utilisée par l'hôpital et l'école.

« La MINUSTAH nous a grandement aidés. Ce sont eux qui ont fourni de l'eau », a déclaré Sœur Louisa. « La MINUSTAH est arrivée avec des camions d'eau deux ou trois fois par semaine, et cette eau a été utilisée pour nettoyer l'hôpital ».

« Nous avons même réussi une mission chirurgicale de 15 jours grâce à l'eau fournie par la MINUSTAH. Cent quatre bénéficiaires ont été opérés pendant cette période », a-t-elle ajouté.

Selon l'administrateur de l'hôpital, au moment du pic de l’épidémie de choléra à Pilate, entre novembre 2015 et janvier 2016, environ 30 à 40 cas pouvaient être traités simultanément grâce à de l’eau transportée par un camion par la Mission de l’ONU.

La ville de Pilate dans le nord d'Haïti avait été placée l'année dernière en état "d’alerte rouge" en raison d’une épidémie de choléra. Puis, des différends politiques au niveau local ont conduit au sabotage du réseau hydrique, ce qui a compliqué davantage la situation de l’approvisionnement en eau. Suite à une visite plus tôt cette année, des agences de l'ONU se sont engagées à aider la ville avec ses besoins en eau à court et long terme. Ces besoins comprenaient une demande pour deux nouveaux puits à proximité d'un hôpital et d’une école. C’est ainsi qu’une douzaine de casques bleus brésiliens se sont retrouvés à construire de leurs propres mains deux puits et un système hydrique à Pilate

Lors de leur réunion, M. Wahba a accepté une demande distincte de Sœur Louisa pour deux nouveaux puits, construits par les ingénieurs de la MINUSTAH, afin d’améliorer l'approvisionnement en eau de l'hôpital et de l'école.

« J’étais prête », a déclaré Sœur Louisa. « J'avais mes documents, et M. Wahba m'a dit : ‘Vous aurez votre puit’ ».

Le projet à Pilate a obtenu le soutien de l'ensemble du système des Nations Unies dans ce pays des Caraïbes.

« La Représentante spéciale du Secrétaire général pour Haïti, Sandra Honoré, s’est personnellement engagée à appuyer ce projet qui permettra d'améliorer l'accès à l'eau potable pour la population locale », a déclaré la porte-parole de la MINUSTAH, Ariane Quentier.

Et voilà comment une douzaine de soldats de la paix brésiliens se sont retrouvés dans cette communauté isolée ces derniers jours, à poser les fondations et la structure en béton pour protéger le bassin d'eau du puits, un générateur et une pompe à eau, et à creuser deux puits, chacun d’au moins 100 mètres de profondeur.

« Creuser un puits est assez simple. L’aspect plus difficile était d'apporter l'équipement ici », a déclaré le lieutenant Michell Vanderson Sena Leal de la compagnie brésilienne du génie au sein de la MINUSTAH, qui est basée dans la capitale Port-au-Prince, à seulement 220 kilomètres de Pilate mais à 10 heures de voyage en raison de conditions routières difficiles.

Il s’agissait de transporter 65 tonnes de matériel grâce à un convoi composé de 14 camions. Les Casques bleus ont maintenant terminé les puits. Tout ce qui reste à faire, c’est de les connecter à un réseau d'eau, ce qui devrait être achevé dans un proche avenir, fournissant aux patients de l’Hôpital L'Espérance et aux élèves des écoles locales une offre illimitée en eau salubre.

« J’ai demandé un puits de façon à être plus indépendante des autres sources d'eau et à répondre aux besoins des patients. Si la population de la ville est divisée [en raison de différends politiques], l'hôpital n'a pas à être puni pour cela », a dit Sœur Louisa. « En aucun cas, l'hôpital ne devrait être affecté par l'instabilité politique, et l'eau ne devrait pas être affectée parce que l'eau, c’est la vie ».

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