Corée du Sud : un expert de l'ONU appelle à une enquête complète et indépendante suite à la mort d'un manifestant

28 septembre 2016

Le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d'association, Maina Kiai, a exprimé mercredi sa consternation suite à la mort le 25 septembre d'un manifestant sud-coréen, Baek Nam-gi, et a présenté ses plus sincères condoléances aux parents et amis de la victime.

Agriculteur âgé de 69 ans, M. Baek avait été projeté à terre par un canon à eau utilisé par la police alors qu'il participait à un rassemblement pacifique à Séoul, la capitale de la République de Corée, le 14 novembre 2015. Il était resté dans le coma jusqu'à son décès.

« Je demande une enquête complète et indépendante sur l'utilisation par la police de canons à eau pendant le rassemblement de novembre 2015 qui a conduit sans ambiguïté à la mort de M. Baek selon les enregistrements vidéos disponibles », a déclaré l'expert. « Les auteurs doivent rendre des comptes et la famille de M. Baek recevoir une compensation adéquate », a ajouté M. Kiai, qui demande également que des mesures adéquates soient prises pour éviter qu'une tragédie semblable ne se reproduise à l'avenir.

Le Rapporteur spécial a également réitéré sa recommandation, déjà faite aux autorités sud-coréennes dans son rapport sur le pays daté de juin 2016, de « revoir les tactiques utilisés dans la gestion des rassemblements - y compris l'utilisation de canons à eau et de barricades de bus – afin de veiller à ce qu'elles ne soient pas appliquées indistinctement ou contre des manifestants pacifiques, qu'elles ne donnent pas lieu à une escalade des tensions, et qu'elles visent à faciliter plutôt qu'à empêcher l'exercice du droit de réunion ».

M. Kiai s'est également fait l'écho des recommandations similaires formulées dans son rapport conjoint avec l'ancien Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Christof Heyns, sur la bonne gestion des rassemblements présenté au Conseil des droits de l'homme en mars dernier.

« Il est essentiel que les autorités tirent les leçons de cette tragédie douloureuse de sorte qu'elle ne se reproduise pas », a souligné l'expert des droits de l'homme.

Enfin, le Rapporteur spécial a appelé les autorités sud-coréennes à respecter la volonté de la famille de ne pas prendre le corps de M. Baek pour une autopsie. La police et le bureau du procureur avaient demandé un mandat au Tribunal du district central de Séoul afin de procéder à une autopsie du fait que la cause de la mort n'est prétendument pas claire, mais il leur a été refusé par la cour.

L'appel de M. Kiai a été soutenu par le Rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, Michel Forst, le Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, Juan Mendez, et le Rapporteur spécial sur les conséquences pour les droits humains de la gestion et de l'élimination écologiquement rationnelle des substances et des déchets dangereux, Baskut Tuncak.

 

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