L'ONU appelle les autorités macédoniennes à mettre fin à l'expulsion et à la détention des migrants

23 septembre 2016

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a appelé vendredi les autorités de l'ex-République yougoslave de Macédoine à mettre fin à leur politique systématique d'expulsion et de détention des migrants, à la suite d'une visite d'une équipe des droits de l'homme de l'ONU au début du mois.

Dans un communiqué de presse, le Haut-commissaire s'est dit particulièrement préoccupé par la situation de près de 180 migrants, dont environ 80 enfants, qui vivent dans l'incertitude depuis mars dans deux centres de transit situés à Tabanovtsé et Vinojug. Ils se sont retrouvés bloqués dans le pays après la fermeture de ses frontières, le 8 mars, et ont par la suite été transférés dans les deux centres.

« Depuis leur arrivée, il n'y a eu aucune évaluation individuelle de la nécessité ou de la proportionnalité de leur détention de facto », a déclaré M. Zeid. « Cela est tout simplement inacceptable, en particulier s'agissant des enfants ».

M. Zeid a appelé le pays à des mesures urgentes pour aider les migrants bloqués à reprendre une vie normale, y compris en créant des opportunités pour un emploi rémunéré. Il a souligné l'importance d'offrir aux enfants déplacés des possibilités pour une éducation appropriée.

Le Haut-Commissaire a également déclaré qu'il était profondément préoccupé par les informations faisant état de refoulements dans les pays voisins et d'expulsions collectives et arbitraires de migrants, en violation des obligations internationales relatives aux droits humains de l'ex-République yougoslave de Macédoine.

« Je demande instamment au gouvernement de mettre fin à ces pratiques, qui sont en violation du droit international », a dit M. Zeid. « Il incombe aux autorités d'assurer que tous les migrants soient correctement et systématiquement examinés afin que les personnes vulnérables soient identifiées et que des mesures de protection adéquates soient prises ».

Le Haut-Commissaire a également exprimé de sérieuses préoccupations au sujet de certaines dispositions très restrictives de la loi sur l'asile, y compris son article 10a qui a été récemment modifié et n'offre pratiquement aucune possibilité pour la grande majorité des personnes qui sont arrivées de façon irrégulière de régulariser leur séjour, même quand elles ont demandé l'asile.

M. Zeid a demandé à ce que les procédures d'asile soient renforcées, en notant que sur les 600 personnes ayant demandé l'asile depuis 2015, seulement cinq ont obtenu le statut de réfugié en première instance.

Le Haut-Commissaire a également exhorté les autorités macédoniennes à réexaminer la situation des migrants dans un centre de Gazi Baba, dans la capitale Skopje. « Leur détention administrative est effectuée en l'absence de garanties de procédure ou de contrôle judiciaire, et ils sont maintenus dans des conditions profondément inadéquates », a-t-il dit.

L'équipe des droits de l'homme de l'ONU qui a visité le site a constaté que la plupart des migrants ne connaissaient pas les raisons de leur détention. La plupart n'ont pas vu un avocat ou un procureur et aucun d'entre eux n'a eu la possibilité de contester la légalité de leur détention.

Par ailleurs, M. Zeid a souligné que la fermeture des frontières dans toute la région d'Europe centrale a conduit à une augmentation significative de la souffrance humaine et semblait stimuler les réseaux de trafiquants, mettant les migrants, en particulier les femmes et les enfants, dans une situation vulnérable.

Le Haut-Commissaire a exhorté les autorités à accorder une attention particulière à la situation qui prévaut à Loyané et Vaksintsé, deux villages macédoniens qui semblent être devenus des plaques tournantes de ce trafic.

« Il ne suffit pas simplement de fournir le minimum en termes de nourriture et d'abris, tout en disant en même temps que personne n'est le bienvenu », a conclu M. Zeid.

 

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