Bassin du lac Tchad : les bailleurs de fonds promettent plus de 163 millions de dollars d'aide

23 septembre 2016

Les bailleurs de fonds ont promis vendredi plus de 163 millions de dollars pour venir en aide à des millions de personnes touchées par la crise humanitaire dans le bassin du lac Tchad, une région partagée par le Cameroun, le Tchad, le Niger et le Nigéria.

Les bailleurs de fonds, dont la Belgique, l'Italie, le Royaume-Uni et les États-Unis, ont ainsi répondu à l'appel du Vice-Secrétaire général de l'ONU, Jan Eliasson, lors d'une réunion de haut niveau en marge du débat général de l'Assemblée générale des Nations Unies.

« Je suis très encouragé par les nouveaux engagements de soutien qui sont sortis de la réunion d'aujourd'hui », a déclaré le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, Stephen O'Brien. « Nous devons maintenant utiliser ces ressources supplémentaires indispensables pour intensifier rapidement l'assistance aux millions de personnes qui ont besoin de notre aide ».

Au-delà de l'aide financière, les pays touchés et les partenaires humanitaires se sont engagés à renforcer leur collaboration pour répondre aux besoins immédiats des communautés touchées, fournir une aide au développement à long terme et traiter les causes profondes de la crise.

Au début de la réunion,le Vice-Secrétaire général de l'ONU, Jan Eliasson, a attiré l'attention de la communauté internationale sur la situation humanitaire déplorable dans la région du Bassin du lac Tchad, affirmant vouloir éviter qu'elle ne devienne une "crise oubliée".

« Des millions de personnes sont confrontées à la faim, à la guerre et à d'horribles violations des droits de l'homme dans le Bassin du lac Tchad. C'est l'une des pires crises dans notre monde troublé d'aujourd'hui et pourtant, elle peine à retenir l'attention du monde », a déclaré M. Eliasson.

A travers cette région, « plus de 9 millions de personnes ont besoin d'une aide humanitaire d'urgence, dont 6,3 millions connaissent un déficit nutritionnel », a-t-il précisé.

« Des civils ont été tués, des maisons ont été incendiées, des biens ont été pillés, des moyens d'existence ont été détruits et des dizaines de milliers de personnes vivent dans des conditions de famine dans le nord-est du Nigéria », a précisé M. Eliasson.

« Les crimes commis dans le Bassin du lac Tchad ont pour effet de déchirer le tissu social d'une telle manière que le travail de réparation pourrait prendre des générations si nous n'agissons pas dès maintenant », a-t-il averti.

Il a cité l'enlèvement en 2014 par le groupe terroriste Boko Haram de plus de 200 jeunes filles dans une école du nord-est du Nigéria comme « un horrible exemple de l'utilisation de la violence sexuelle comme tactique de guerre et de terrorisme ».

Appelant à la libération immédiate de ces jeunes filles, M. Eliasson a déclaré à l'adresse du Président du Nigéria, Muhammadu Buhari, présent lors de la réunion, que l'ONU avait pris note de sa demande d'assistance pour négocier cette libération et l'examinait activement.

Le Vice-Secrétaire général a toutefois fait état de certains signes d'espoir. « Nous sommes plus près de parvenir à réduire la violence dans la région, grâce aux efforts concertés des gouvernements du Cameroun, du Niger, du Nigéria et du Tchad, ainsi que du Groupe de travail conjoint multinational », a-t-il dit.

Mais, a-t-il ajouté, l'action humanitaire demeure gravement sous-financée, précisant que les besoins en matière d'aide humanitaire vitale sont évalués à 542 millions de dollars pour les trois prochains mois.

 

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