Les Etats-Unis appellent à résister aux chimères du repli sur soi et à améliorer le système économique mondial

20 septembre 2016

Le Président des Etats-Unis, Barack Obama, a appelé mardi la communauté internationale à résister à la tentation du repli sur soi et du sectarisme et à coopérer au contraire sur la voie du progrès économique rendu possible par le système libéral, tout en y apportant des correctifs pour gommer les inégalités.

« Nous sommes tous confrontés à un choix », a-t-il dit dans son dernier discours en tant que Président devant l'Assemblée générale des Nations Unies. « Nous pouvons choisir d'aller de l'avant avec un meilleur modèle de coopération et d'intégration. Ou nous pouvons nous replier, dans un monde profondément divisé et au bout du compte en conflit, sur de vieilles notions de nation, de tribu, de race et de religion », a-t-il ajouté.

Evoquant le fondamentalisme religieux, le nationalisme agressif et les diverses formes de populisme qui s'expriment actuellement dans le monde, M. Obama a souligné : « Nous ne pouvons pas ignorer ces points de vue. Ils sont puissants. Ils reflètent le mécontentement qu'éprouvent trop de nos citoyens ». Mais il a affirmé que le remède ne consiste pas en un repli sur de vieux schémas. « Aujourd'hui, une nation entourée de murs ne ferait que s'emprisonner elle-même », a-t-il dit.

« Nous devons aller de l'avant et non pas reculer. (…) Quoique imparfaits, les principes du libre marché et de la gouvernance responsable, de la démocratie, des droits de l'homme et du droit international que nous avons forgés demeurent les fondements les plus solides du progrès humain », a-t-il dit.

« Nous devrions travailler ensemble pour faire en sorte que les avantages de la mondialisation soient largement partagés (…), que l'économie mondiale fonctionne mieux pour tout le monde, et pas seulement pour ceux qui sont au sommet de l'échelle », a-t-il ajouté.

Dans un large examen de la situation du monde, le Président américain a déploré les conflits religieux qui secouent le Proche-Orient, « l'ingérence de la Russie dans les affaires de ses voisins » et les querelles entre la Chine et d'autres pays d'Asie en mer de Chine. Il a réaffirmé sa conviction que certains problèmes ne peuvent être résolus par des interventions extérieures. « Dans un endroit comme la Syrie, où il ne peut y avoir de solution militaire, nous allons devoir continuer sur la voie ardue de la diplomatie », a-t-il dit.

M. Obama a rappelé les engagements qu'il avait pris lors de son premier discours devant l'Assemblée générale de l'ONU il y a sept ans. Il avait alors promis de prendre ses distances avec l'approche unilatéraliste de son prédécesseur, George W. Bush, et avait présenté un plan d'action ambitieux en vue « d'une nouvelle ère de dialogue basé sur l'intérêt mutuel et le respect mutuel ». Ce plan reposait sur quatre piliers : débarrasser le monde des armes nucléaires, s'attaquer aux changements climatiques, négocier la paix entre Israéliens et Palestiniens et corriger les inégalités économiques croissantes dans le monde.

Il a revendiqué des progrès sur deux de ces fronts, mentionnant l'accord nucléaire obtenu entre la communauté internationale et l'Iran et l'Accord de Paris sur le climat conclu en décembre dernier.

Mais il a reconnu avoir eu moins de succès sur les deux autres piliers de son programme : Israël et les Palestiniens ne se sont pas rapprochés d'une solution à deux Etats et les inégalités économiques dans le monde n'ont pas été comblées.

 

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