L'ONU appelle les Etats à se montrer solidaires des victimes de disparition forcée et de leurs familles

30 août 2016

A l'occasion de la Journée internationale des victimes de disparition forcée, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé les Etats à se montrer solidaires des victimes de disparition et de leurs familles.

« L'image classique d'une victime de disparition forcée est celle d'une personne privée de liberté, emmenée dans un lieu de détention secret, et maintenue sans aucun contact avec le monde extérieur. Les victimes de disparitions forcées sont aussi les parents, les enfants, les partenaires ou amis de ceux qui ont disparu; les femmes et hommes angoissés qui cherchent désespérément des informations, même si c'est seulement un indice, qui vont les conduire à leurs proches », a dit le Secrétaire général dans un message.

« En cette Journée internationale, je demande aux États de reconnaître que les membres de la famille et les amis des disparus sont également des victimes, et de garantir leur droit à une protection complète contre toute forme de représailles », a-t-il ajouté.

Le chef de l'ONU a également demandé instamment à tous les États membres de signer, ratifier ou adhérer à la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, qui comporte des dispositions spécifiques contre les mauvais traitements ou l'intimidation des témoins, des parents et des personnes participant à une enquête sur des disparitions forcées.

« Soyons tous solidaires avec les victimes et leurs proches dans leurs efforts pour réaliser leur droit à la vérité et la justice », a ajouté M. Ban.

Emmanuel Decaux sur les défis juridiques de la Convention contre les disparitions forcées. Credit: UN Audiovisual Library

Le chef de l'ONU a souligné que les proches ont le droit de connaître la vérité concernant les circonstances entourant ces disparitions, les progrès et les résultats des éventuelles enquêtes, et le sort de leurs êtres chers.

« Tous les États ont l'obligation d'enquêter, de poursuivre et de punir les disparitions forcées, ainsi que de fournir une réparation aux victimes. Cependant, les victimes sont souvent confrontées à un manque de réactivité ou à une hostilité pure et simple des autorités qu'elles essaient de contacter », a-t-il ajouté.

Deux groupes d'experts des Nations Unies - le Comité sur les disparitions forcées et le Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires - ont également enjoint tous les Etats du monde de prévenir et éliminer les disparitions forcées, y compris celles de courte durée et de veiller à ce que les proches des personnes privées de liberté soient informés de manière complète et rapide de leur détention.

Les experts ont aussi exprimé leur préoccupation quant aux allégations d'intimidations et de représailles à l'égard des victimes de disparitions forcées et de ceux qui dénoncent de tels cas.

« Il n'y a pas de durée minimale pour qualifier une disparition forcée. Chaque minute compte quand une personne est placée en dehors de la protection de la loi. Et lorsqu'une personne disparait, chaque minute d'angoisse vécue par les proches, sans nouvelles de cette personne est une minute de trop », ont déclaré les experts dans un communiqué de presse conjoint.

 

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