Kosovo : au-delà des divisions, la population est en quête de meilleures opportunités, selon l'ONU

25 août 2016

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Kosovo, Zahir Tanin, a déclaré jeudi devant le Conseil de sécurité que les Kosovars sont plus soucieux d'une amélioration de leurs conditions de vie que d'affrontements politiques interethniques.

Décrivant une situation plus stable ces trois derniers mois qu'elle ne l'a été auparavant, M. Tanin a toutefois rappelé que la menace de tensions politiques et sécuritaires restaient présentes au Kosovo, donnant pour exemple la controverse suscitée par la ratification de l'accord de délimitation territoriale avec le Monténégro ainsi que les défis de l'extrémisme violent avec la présence connue d'éléments islamistes radicaux.

Zahir Tanin, qui est également chef de la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), a toutefois noté des signes d'optimisme concernant la situation politique au Kosovo.

« L'opposition semble être plus consciente que l'utilisation de la violence est contreproductive », a-t-il remarqué. « De mes récents entretiens avec les hauts dirigeants du Kosovo, j'ai l'impression que ces derniers comprennent la nécessité d'accorder plus de place au réalisme et à l'utilité dans leur programme politique ».

Pour M. Tanin, l'économie, l'éducation, la santé, l'état de droit et la lutte contre la corruption sont les principales préoccupations de la population au niveau local et non pas les affrontements politiques interethniques.

« Dans le nord de Mitrovica, les principales inquiétudes sont l'accès à l'emploi, des services publics fiables et la confiance dans les institutions gouvernantes », a-t-il souligné. « Récemment, un jeune homme dans la région de Prizren s'est approché de moi pour me dire que 'la corruption est le plus gros problème pour ma génération et pour tous les habitants du Kosovo', un message que je l'ai entendu à de nombreuses reprises ».

Le Représentant spécial du Secrétaire général a rappelé au Conseil que dans toute l'ex-Yougoslavie, la génération post-conflit est désormais en âge de voter mais que bien que beaucoup d'entre eux soient maintenant diplômés de l'enseignement supérieur, très peu savent ce qu'est la 'vie publique' mis à part « la rhétorique post-conflit de la division ».

« Pour obtenir de la stabilité et de la prospérité, la génération post-conflit a besoin d'orientations plus claires et de meilleures opportunités en tant qu'habitants de l'Europe moderne et en tant que citoyens du monde », a indiqué M. Tanin. « Un manque de métiers et professions porteurs, la corruption publique et une inégalité économique extrême fracturent les communautés beaucoup plus que ne le font les nationalismes ethniques ou religieux », a-t-il expliqué.

Pour le chef de la MINUK, le dialogue de haut niveau mené par l'Union européenne reste la pierre angulaire de la route vers la réconciliation. « La perspective de l'UE dans la région continue d'être le principal moteur de la réforme, en particulier dans les domaines cruciaux de la gouvernance, de l'état de droit et des droits de l'homme », a-t-il précisé.

 

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