Ethiopie : l'ONU demande une enquête indépendante sur des allégations de violations de droits de l'homme

19 août 2016

Suite à des rapports extrêmement alarmants début août concernant de graves violations des droits de l'homme dans les régions d'Oromia et d'Amhara en Ethiopie, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad al Hussein, a contacté le gouvernement éthiopien pour lui demander l'accès d'observateurs indépendants dans le pays pour évaluer la situation.

« Nous avons maintenant reçu une réponse du gouvernement indiquant qu'il va lancer une enquête indépendante sur ce qui s'est passé », a indiqué aujourd'hui une porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani, dans un point de presse à Genève.

« Nous nous félicitons de la décision de lancer une enquête indépendante, et nous demandons instamment au gouvernement de veiller à ce que cette enquête ait pour mandat de couvrir les allégations de violations des droits de l'homme depuis que les troubles en Oromia ont commencé en novembre 2015 », a dit Mme Shamdasani. Le HCDH a également demandé que cette enquête soit effectivement indépendante, transparente, approfondie et efficace, en vue de déterminer si l'utilisation d'une force excessive a eu lieu et en vue de traduire en justice les auteurs de toutes violations des droits de l'homme.

« Nous sommes prêts à aider afin d'assurer que l'enquête soit menée en conformité avec les normes internationales des droits de l'homme », a précisé la porte-parole du HCDH. « Nous réitérons également notre demande d'accès dans les zones touchées, car la situation sur le terrain rend le travail des acteurs indépendants de la société civile très difficile, tout particulièrement compte tenu de la situation tendue dans certaines parties des régions d'Oromia et d'Amhara, où une importante présence sécuritaire aurait été déployée, et où des arrestations arbitraires, des intimidations et le harcèlement de personnes seraient en cours » a-t-elle ajouté.

Le HCDH a demandé au gouvernement éthiopien de veiller à ce que les droits à la liberté de réunion pacifique et d'expression soient protégés et que les personnes détenues pour avoir exercé ces droits soient libérées sans délai.

« Les manifestations doivent être traitées par les forces de sécurité dans le plein respect du droit international relatif aux droits de l'homme et des normes internationales sur l'utilisation de la force », a souligné Mme Shamdasani.

Le HCDH a également demandé au gouvernement éthiopien d'œuvrer à l'ouverture de l'espace politique et démocratique qui devrait inclure une réforme globale du secteur de la sécurité, ainsi que des réformes législatives et institutionnelles.

 

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