Nigéria : l'avancée des forces gouvernementales au nord révèle des besoins humanitaires énormes, selon le HCR

19 août 2016

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s'est déclaré vendredi vivement préoccupé par la situation au nord du Nigéria où l'avancée des forces gouvernementales, en coopération avec la Force opérationnelle interarmées contre Boko Haram, a mis au jour, ces dernières semaines, des besoins humanitaires énormes chez une population qui n'a souvent pas eu accès à une assistance depuis des mois, voire des années.

« Actuellement, et du fait de la poursuite de la campagne militaire en cours, la situation évolue et demeure dangereuse et instable. Il y a de fréquents incidents provoqués par des insurgés, y compris des attentats-suicides, des attaques contre des civils, des maisons incendiées et des vols de bétail », a expliqué un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d'un point de presse à Genève.

Le 27 juillet, un convoi de l'ONU a été attaqué avec un engin explosif improvisé et des coups de feu. Trois employés humanitaires ont été blessés ainsi que des membres de l'escorte militaire.

« Alors que de nombreuses zones demeurent hors de portée, dans les Etats de Borno et Yobe, le niveau de souffrance est choquant », a ajouté M. Edwards.

De nombreuses informations concordantes font état de violations des droits humains, y compris des meurtres, des violences sexuelles, des disparitions, des recrutements forcés, des conversions religieuses forcées, et des attaques contre des installations civiles.

Quelque 800.000 personnes déplacées supplémentaires ont été identifiées comme ayant besoin d'aide. Une malnutrition sévère à grande échelle a été signalée. Dans l'Etat de Borno, plus de 51.000 personnes vulnérables sont dans une situation critique, dont près de 22.000 enfants.

Le HCR intensifie actuellement ses opérations d'aide, avec pour objectif immédiat de répondre aux besoins de quelque 488.000 personnes très vulnérables qui sont concentrées dans dix zones nouvellement libérées dans l'Etat de Borno, ainsi qu'aux besoins des réfugiés rapatriés.

Les équipes du HCR, ainsi que d'autres institutions des Nations Unies, le gouvernement nigérian et les ONG partenaires ont profité d'un couloir humanitaire récemment ouvert pour coordonner des évaluations rapides conjointes des besoins et de la situation en matière de protection à Damboa (à environ 70 kilomètres au sud-ouest de Maiduguri), à Dikwa (à l'ouest de Maiduguri et à environ 40 kilomètres de la frontière avec le Cameroun) et dans plusieurs autres régions en mai et juin.

« Plus récemment, nous avons pu évaluer les besoins humanitaires à Bama, la plus grande ville de l'Etat de Borno, après la capitale Maiduguri », a dit le porte-parole.

L'insurrection au nord du Nigéria s'est transformée en une vaste crise régionale touchant non seulement ce pays mais aussi les trois pays voisins dans le Bassin du lac Tchad – le Tchad, le Cameroun et le Niger.

 

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