L'ONU appelle l'Australie et Nauru à mettre fin aux centres de détention offshore

12 août 2016

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a exprimé vendredi son extrême préoccupation concernant les allégations publiées de maltraitance à l'encontre des migrants, demandeurs d'asile et réfugiés actuellement détenus sur l'île de Nauru, dans le Pacifique.

« Nous sommes extrêmement préoccupés par les graves allégations de violences, d'agressions sexuelles, de traitements dégradants et d'automutilations contenus dans plus de 1000 rapports d'incidents relevés dans les centres de traitement offshore sur Nauru, dont beaucoup auraient impliqué des enfants », a déclaré la porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani, dans un communiqué de presse.

Bon nombre des migrants, demandeurs d'asile et réfugiés détenus dans ces centres ont été transférés par l'Australie vers Nauru il y a plus de trois ans et vivent depuis dans des conditions très difficiles.

« Nous avons effectué des visites régulières à Nauru au cours de ces dernières années et la plupart des allégations contenues dans les documents sont, malheureusement, conformes aux conclusions de ces visites », a ajouté Mme Shamdasani qui a rappelé que le HCDH a régulièrement et constamment signalés ces problèmes à l'attention des gouvernements de Nauru et de l'Australie.

La porte-parole a précisé qu'il était difficile de savoir si les incidents allégués ont fait l'objet d'enquêtes par les entreprises contractées par l'Australie pour diriger ces centres ou par les forces de police de Nauru.

Mme Shamdasani a indiqué que les équipes du HCDH ont été témoins d'un grand nombre de migrants, demandeurs d'asile et réfugiés, y compris des enfants, à Nauru souffrant de graves problèmes de santé mentale en raison de leur détention et de l'absence de certitude concernant leur sort.

« Certaines de ces personnes avaient déjà subi un traumatisme dans leur pays d'origine et parfois aussi pendant leur voyage vers l'Australie. Ils ont ensuite été transférés à Nauru, où ils ont d'abord été détenus au centre de traitement régional dans des conditions difficiles » a-t-elle dit.

La porte-parole a souligné que ces allégations doivent faire l'objet d'enquêtes systématique et appropriées et que les responsables rendent compte de leurs actes ».

« Nous avons demandé à maintes reprises aux autorités de Nauru et de l'Australie de mettre fin au modèle offshore de traitement et de placement des migrants», a dit Mme Shamdasani. « Nous leur avons demandé de mettre rapidement en place des mesures pour empêcher ce type d'incidents et veiller à ce que l'intégrité physique et mentale des migrants, des réfugiés et des demandeurs d'asile soit protégée » a-t-elle ajouté.

Mercredi dernier, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s'est également déclaré très préoccupé par ces allégations et avait réitéré sa demande de voir les réfugiés et demandeurs d'asile immédiatement transférés hors de Nauru.

 

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