Soudan du Sud : les auteurs de violences sexuelles devront rendre des comptes, selon une représentante de l'ONU

8 août 2016

La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies chargée de la question des violences sexuelles dans les conflits, Zainab Hawa Bangura, a déclaré lundi qu'il était très important pour le gouvernement sud-soudanais de prendre toutes les mesures nécessaires afin de mettre un terme aux viols et violences contre les femmes et les filles au Soudan du Sud.

Dans un entretien accordé à la Radio Miraya des Nations Unies, Mme Bangura, s'est dit « très en colère et très déçue » que ces crimes continuent d'être commis malgré plusieurs réunions avec le Président Salva Kiir et le Premier vice-président Riek Machar et les communiqués signés en 2014 par les deux dirigeants s'engageant à mettre fin et prévenir ces agressions sexuelles.

« Je suis une femme africaine et j'ai vu comment ces femmes ont souffert. Elles ont souffert pendant de longues années de guerre civile. Elles ont ensuite pu se réjouir pour la première fois de leur vie après que leur pays a obtenu son indépendance, pour finalement voir leurs espoirs et attentes brisés » lorsque le pays a replongé dans la guerre, a déclaré la Représentante spéciale.

Mme Bangura s'est dit particulièrement irritée par les nouvelles allégations apparues à la suite des derniers affrontements entre les rivaux, MM. Kiir et Machar, et leurs factions respectives.

Selon elle, « toutes les mesures doivent être prises par le gouvernement pour mettre un terme à cela. La première obligation pour tout gouvernement est de protéger ses propres citoyens; les enfants ne peuvent pas aller à l'école; les gens ne peuvent pas aller travailler; les femmes ne peuvent pas obtenir de l'eau - ils ne peuvent rien faire sans la paix ».

« Il s'agit de leur peuple. Si vous ne protégez pas votre propre peuple, vous invitez de ce fait la communauté internationale à venir offrir une protection à vos propres citoyens », a-t-elle continué, soulignant que l'ONU fera tout son possible pour veiller à ce que les victimes de viols reçoivent des soins, une assistance et un soutien adéquats et pour mettre en place un mécanisme pertinent.

« Mais pour moi, une chose pour laquelle je vais me battre jusqu'à ce que je quitte l'ONU, est de faire en sorte que toutes les personnes qui commettent ces crimes au Soudan du Sud rendent des comptes », a dit Mme Bangura. « Ceux qui pensent qu'ils vont pouvoir s'en tirer à bon compte doivent plaisanter car nous les poursuivrons. Peu importe qui ils sont et où ils sont. Nous les poursuivrons et les tiendrons responsables de ces crimes ».

Selon le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, une enquête préliminaire de l'ONU sur les récents combats et ses conséquences ont révélé que les forces de sécurité gouvernementales ont perpétré meurtres, viols, pillage et destruction de propriétés. Au moins 217 cas de violence sexuelle ont été recensés dans la capitale, Juba, entre les 8 et 25 juillet.

 

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