Syrie : l'ONU préoccupée par la situation humanitaire dans les zones assiégées, y compris à l'est d'Alep

21 juillet 2016

Deux hauts responsables de l'ONU ont tiré jeudi la sonnette d'alarme face aux difficultés d'accès humanitaire rencontrées sur le terrain dans les zones syriennes assiégées, y compris à l'est d'Alep, en raison principalement de l'intensification des combats au mois de juillet.

« A l'heure du bilan, au cours des six premiers mois de l'année, nous constatons que nous avons maintenant atteint 1 million de personnes, situées dans des zones difficiles d'accès et dans les zones assiégées », a déclaré le Conseiller spécial de l'ONU pour la Syrie, Jan Egeland, lors d'une conférence de presse à Genève, en Suisse.

Il a précisé que l'Organisation avait été en mesure d'atteindre 400.000 des 590.000 personnes situées à l'intérieur des zones assiégées au moins une fois au cours des cinq derniers mois. « Nous avons atteint 18 des 18 zones [assiégées], donc bien sûr, il y a eu des progrès notables, parce que les diplomates nous ont aidés en 2016 et ils ne nous avaient presque pas aidés en 2015 », a-t-il dit.

Cependant, le Conseiller spécial a ajouté que ce bilan était loin d'être à la hauteur de ses espérances pour les mois de juillet et juin. Il a noté à quel point il était paradoxal que l'ONU n'ait pas été en mesure d'atteindre plus de 3 des 18 zones assiégées en juillet, dans la mesure où le gouvernement syrien n'avait jamais accordé autant d'autorisations de livraison d'aide humanitaire que durant ce mois.

« Qu'est-ce qui nous en empêche ? Les combats sont la principale raison pour laquelle nous n'allons pas dans tous ces endroits », a déploré M. Egeland. Pour redonner de l'élan à l'action humanitaire de l'ONU dans les zones assiégées, il a appelé à instaurer des pauses humanitaires ou trêves.

Le Conseiller spécial a spécifié la façon dont pourraient fonctionner ces trêves humanitaires : « Nous recevons un avis 72 heures à l'avance et nous obtenons une pause dans les combats pendant 48 heures […] ; voilà ce dont nous avons besoin pour envoyer une bouée de sauvetage dans les endroits où les gens sont au bord de la famine ».

Parmi ces endroits, M. Egeland a notamment mentionné l'est d'Alep, dont l'accès par la route Castello est bloqué depuis le début d'affrontements violents entre les forces syriennes et les groupes armés non étatiques, le 7 juillet.

Il a précisé que les acteurs humanitaires avaient demandé au Groupe international de soutien à la Syrie (GISS) de négocier une fenêtre de 48 heures chaque semaine pour être en mesure de livrer de la nourriture dans cette partie de la ville.

« Je suis profondément alarmé par les développements inquiétants dans l'est d'Alep », a de son côté déclaré le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, Stephen O'Brien, dans une déclaration à la presse.

Selon le Secrétaire général adjoint, ces affrontements ont coupé la circulation humanitaire, commerciale et civile à l'est d'Alep et placé 200.000 à 300.000 personnes sur la ligne de front. Il a ajouté qu'au cours des dernières semaines, des centaines de tirs de mortier, missiles et projectiles ont été lancés sur la ville, causant des dizaines de morts et des centaines de blessés, dont plusieurs enfants.

Malgré les appels répétés de la communauté humanitaire à ne pas attaquer le personnel médical et les établissements de santé, M. O'Brien a indiqué que, pour la troisième fois au cours des deux derniers mois, un hôpital avait été pris pour cible à Alep en juillet.

M. O'Brien a par ailleurs indiqué que les stocks de nourriture à l'est d'Alep seraient sans doute épuisés d'ici le milieu du mois prochain, soulignant ainsi l'urgence qu'il y avait à obtenir un accès humanitaire.

« J'appelle toutes les parties au conflit à garantir immédiatement un accès inconditionnel, sans entrave et durable aux millions de personnes dans les zones assiégées et difficiles à atteindre à travers la Syrie », a exhorté le Secrétaire général adjoint.

 

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