Iran : des experts de l'ONU appellent le gouvernement à libérer des artistes emprisonnés

24 juin 2016

La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits culturels, Karima Bennoune, et le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d'opinion et d'expression, David Kaye, ont appelé vendredi le gouvernement iranien à libérer les musiciens Mehdi Rajabian and Yousef Emadi, ainsi que le cinéaste Hossein Rajabian, qui ont été emprisonnés et condamnés à de lourdes amendes plus tôt ce mois-ci.

« Ces trois artistes ont été condamnés pour avoir exercé leur droit à la liberté d'expression et à la créativité artistique, ce qui entraîne des restrictions injustifiables au droit de toutes les personnes en Iran à avoir accès aux arts et à en profiter », a déclaré Mme Bennoune. « L'expression artistique n'est tout simplement pas un crime ».

Ces deux experts ont contacté les autorités iraniennes sur ces cas plus tôt cette année, y compris sur la pratique de la torture sur M. Rajabian, musicien et fondateur de Barg Music, un distributeur de musique alternative en Iran.

Le gouvernement a répondu aux experts de l'ONU que les trois artistes avaient été condamnés, en mai 2015, à six ans de prison et chacun à une amende de 50 millions de rials (environ 1658 dollars) pour avoir 'insulté les principes sacrés de l'Islam', pour 'propagande contre l'État', et pour avoir 'commis des activités illégales dans le secteur audiovisuel, y compris à travers la production de matériel audiovisuel interdit et la réalisation d'un site illégal de musique'. En appel, la peine de prison a été réduite à trois ans.

« Nous reconnaissons que la peine des artistes a été réduite par la cour d'appel », a déclaré M. Kaye. « Cependant, ce verdict est toujours inacceptable : la détention de quelqu'un pour 'insulte au sacré' et 'propagande contre l'État' est incompatible avec les normes internationales des droits humains ».

« Je suis particulièrement consternée que Mehdi Rajabian, Yousef Emadi et Hossein Rajabian aient été forcés de faire des 'aveux' à la télévision », a déclaré Mme Bennoune. « Cela correspond à une attaque extraordinaire contre ces artistes, ce qui a des répercussions graves pour d'autres personnes en Iran ».

Les deux experts ont demandé la libération immédiate des trois artistes et l'abandon de toutes les accusations.

Cet appel a reçu le soutien du Rapporteur spécial de l'ONU sur la situation des droits de l'homme en République islamique d'Iran, Ahmed Shaheed, et du Rapporteur spécial de l'ONU sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, Juan E. Méndez.

 

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