Syrie : l'ONU appelle à faire preuve de leadership pour mettre fin aux souffrances indicibles de la population

21 juin 2016

A l'occasion d'une réunion informelle de l'Assemblée générale de l'ONU sur la situation en Syrie, plusieurs hauts responsables de l'ONU ont appelé mardi la communauté internationale à faire preuve de leadership afin de mettre un terme aux souffrances et violations indicibles des droits de l'homme occasionnées par des années de conflit dans le pays.

« Cinq années de souffrance. Plus de 250.000 personnes tuées. La moitié de la population déplacée », a déclaré dans un discours aux Etats membres le Sous-Secrétaire général aux droits de l'homme, Ivan Simonovic, ajoutant qu'il est difficile de s'imaginer l'ampleur des violences subies par la population en Syrie.

En cette sixième « année d'horreur » pour les Syriens, M. Simonovic a dénoncé les millions de violations des droits l'homme engendrées par le conflit, y compris la torture, la destruction et le meurtre.

« La crise est justement enracinée dans des violations des droits de l'homme », a-t-il noté, rappelant que le conflit syrien a commencé par des « manifestations pacifiques » de jeunes exerçant leur « droit fondamental » à la liberté d'opinion et de réunion.

Il a estimé que ces manifestations auraient dû conduire à des réformes politiques et des évolutions pacifiques.

« Au lieu de cela, une violente répression a déclenché les violations indicibles que nous constatons aujourd'hui », a déploré le Sous-Secrétaire général.

M. Simonovic a regretté que des groupes terroristes aient profité du vide causé par le conflit et l'absence d'état de droit dans le pays pour gagner du terrain et ajouter aux souffrances de la population.

« Le gouvernement syrien n'a pas seulement échoué à protéger les civils, il les a souvent délibérément pris pour cible, de même que les forces de l'opposition, et en particulier Daech », a-t-il par ailleurs déclaré, ajoutant que les parties au conflit, y compris celles situées à l'extérieur de la Syrie, continuaient d'ignorer ouvertement les droits humains.

De son côté, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires, Stephen O'Brien, a rappelé dans un discours que le conflit en Syrie avait détruit le tissu social et économique du pays, où 80% de la population vit désormais dans la pauvreté, près de neuf millions de personnes souffrent d'insécurité alimentaire et deux millions d'enfants ont été contraints de quitter l'école.

« Nous ne devons jamais perdre de vue l'impact humain incommensurable de cette crise, le traumatisme et les conséquences émotionnelles pour les civils, en particulier les jeunes exposés depuis trop longtemps à un climat de violence et de peur », a dit le Secrétaire général adjoint.

Dans ce contexte, M. O'Brien a souligné que les acteurs humanitaires travaillaient jour et nuit pour aider des millions de Syriens touchés. Il a ajouté qu'en 2016, environ 5,8 millions de personnes ont bénéficié chaque mois d'une aide alimentaire et plus de cinq millions de traitements médicaux ont été livrés à la population.

Toutefois, il a ajouté que plus de trois quarts des personnes situées dans les zones difficile à atteindre n'ont pas accès à l'aide humanitaire.

« Les parties au conflit, principalement les groupes armés non étatiques et les groupes terroristes n'ont de cesse de couper les services, punissant collectivement des villages entiers et des villes », a-t-il ajouté, se disant particulièrement préoccupé par le sort des personnes vivant dans des zones sous le contrôle de Daech, qui subissent une oppression quotidienne et la terreur.

Il a ajouté que 590.000 civils étaient pris au piège dans des zones assiégées, la grande majorité d'entre eux par le gouvernement.

« L'utilisation barbare des tactiques médiévales de siège est moralement répréhensible et n'a pas sa place au 21e siècle », a estimé M. O'Brien.

Le Secrétaire général adjoint a par conséquent appelé la communauté internationale à faire preuve de leadership pour mettre un terme à cette crise, notamment en garantissant la protection des civils et des infrastructures civiles, y compris les établissements de santé ; en mettant fin aux sièges et en assurant la libre circulation des civils ; en veillant à ce que les parties au conflit respectent leurs obligations de faciliter l'accès humanitaire à toutes les personnes dans le besoin, sans discrimination ; en tenant pour responsable les auteurs de violations des droits de l'homme en Syrie et ailleurs ; en intensifiant le soutien financier à la réponse humanitaire ; et en respecter la neutralité politique de l'aide humanitaire.

« Une crise de cette ampleur, où tant de mal a déjà été fait et où tant de vies restent en danger, exige que nous fassions tous ce qui est en notre pouvoir pour aider à maintenir l'élan en faveur d'une solution politique à la crise en Syrie », a déclaré en conclusion de cette réunion le Président de l'Assemblée générale, Mogens Lykketoft.

 

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