Irlande : une femme victime de discrimination à cause de l'interdiction de l'avortement, selon des experts de l'ONU

9 juin 2016

Des experts indépendants du Comité des droits de l'homme de l'ONU à Genève ont estimé qu'une femme en Irlande avait été victime de discrimination et de traitement inhumain en raison de l'interdiction de l'avortement dans ce pays.

Ces experts ont publié leurs conclusions après avoir examiné une plainte déposée par cette femme, qui a été forcée de choisir entre porter son fœtus à terme ou aller à l'étranger pour avorter. Elle a été informée en novembre 2011 à la 21e semaine de grossesse que le fœtus présentait des malformations congénitales et qu'il allait mourir dans l'utérus ou peu après la naissance.

Cette femme a décidé de se rendre au Royaume-Uni pour une interruption volontaire de grossesse et est revenue en Irlande 12 heures après la procédure, comme elle n'avait pas les moyens de rester plus longtemps. L'hôpital du Royaume-Uni n'a fourni aucune option en ce qui concerne les restes du fœtus et elle a été obligée de l'abandonner. Les cendres ont été livrées à l'improviste trois semaines plus tard par courrier.

En Irlande, on lui a refusé un soutien psychologique pour faire le deuil et les soins médicaux offerts aux femmes qui font une fausse couche. Selon les experts, une telle différence de traitement n'a pas pris en compte ses besoins médicaux et ses circonstances socio-économiques et cela a constitué une discrimination.

« La plupart des expériences négatives qu'elle a rencontrées aurait pu être évitées si on ne lui avait pas refusé de mettre fin à sa grossesse dans un environnement familier, dans son propre pays, et soignée par des professionnels de la santé qu'elle connaissait et en qui elle avait confiance », ont-ils conclu.

La loi sur l'avortement en Irlande permet aux prestataires de soins de donner aux patients des informations sur l'avortement, y compris les circonstances dans lesquelles l'avortement peut être effectué en Irlande ou à l'étranger. Mais en vertu de la loi, il leur est interdit de plaider ou de faire la promotion de l'avortement. Selon les experts, cela paralyse les prestataires de soins.

Les experts ont estimé que l'Irlande devrait modifier sa loi sur l'interruption volontaire de grossesse, y compris sa Constitution si nécessaire, pour veiller au respect du Pacte international sur les droits civiques et politiques, et prendre des mesures pour veiller que les prestataires de soins soient en mesure de fournir des informations complètes sur les services d'avortement sans risque et sans craindre d'être soumis à des sanctions pénales.

 

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