Le chef de l'AIEA appelle la Corée du Nord à coopérer sans délais sur la question du nucléaire

6 juin 2016

Le Directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, s'est déclaré lundi fortement préoccupé par le programme nucléaire de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) et a appelé le pays à coopérer sans délai avec son agence pour trouver une solution pacifique à cette question.

« Il est profondément regrettable que la RPDC n'ait montré aucun signe laissant penser que le pays est prêt à se conformer à la résolution du Conseil de sécurité adoptée en réponse à son essai nucléaire plus tôt cette année », a déclaré M. Amano lors de la présentation du rapport annuel 2015 de l'AIEA à son Conseil d'administration, réuni à Vienne, en Autriche.

Il a toutefois précisé que son agence était disposée à contribuer à la résolution pacifique de la question en reprenant ses activités de vérification nucléaire dans le pays, une fois qu'un accord politique aura été conclu entre les pays concernés.

« Je demande à la RPDC de se conformer pleinement à ses obligations en vertu des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, de coopérer sans délai avec l'Agence dans l'application de son accord de garanties dans le cadre du TNP, et de résoudre toutes les questions en suspens », a déclaré M. Amano.

Le rapport annuel de l'AIEA fournit une analyse thématique des principales activités de l'Agence en matière de promotion des applications pacifiques de la technologie nucléaire, d'amélioration de la sécurité nucléaire et de mise en œuvre par les Etats de garanties dans le domaine nucléaire.

Outre la RPDC, le Directeur général a également mentionné dans la présentation de son rapport annuel 2015 l'aide apportée par son agence aux Etats, dans le cadre de lutte contre le virus Zika.

Il a ainsi indiqué qu'au mois d'avril, l'AIEA avait formé plus de 35 participants, originaires de 26 pays, à l'utilisation d'un procédé dérivée de la technologie nucléaire visant à détecter rapidement et avec précision le virus.

« Nous avons également fourni un kit de diagnostic à l'Equateur », a ajouté M. Amano, mentionnant qu'un projet régional de l'agence pour aider l'Amérique latine et les Caraïbes à utiliser la 'technique de l'insecte stérile' contre le virus a également reçu un financement initial de la France, du Japon et des États-Unis.

Concernant la question du nucléaire iranien, l'AIEA a poursuivi son travail de vérification du respect par le pays de ses engagements pris dans le cadre du plan global d'action conjoint, a indiqué M. Amano.

Ce Plan d'action pour apporter au dossier nucléaire iranien une solution à long terme avait été adopté à Vienne, le 14 juillet 2015, par l'Iran et un groupe de six pays (Chine, États-Unis, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne). Il avait ensuite été approuvé par le Conseil de sécurité de l'ONU dans sa résolution 2231 (2015), suite à laquelle les sanctions du Conseil précédemment imposées à l'Iran avaient été levées. Parallèlement, le Conseil avait confié à l'AIEA le rôle de vérifier la mise en œuvre par l'Iran du Plan d'action.

« Nous sommes dans les premières étapes d'un processus qui exige une attention constante et attentive de tous les intervenants. Tous les intervenants ont travaillé pour rendre cette mise en œuvre possible », a déclaré le Directeur général, précisant que, dans les mois et les années à venir, l'engagement continu de toutes les parties serait nécessaire pour mener le Plan d'action à son terme.

M. Amano a également noté que l'Iran continuait d'appliquer le Protocole additionnel aux accords de garanties signés entre le pays et l'agence, dans le cadre du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

 

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