Syrie : le chef de l'humanitaire de l'ONU appelle le gouvernement à cesser toute entrave à la livraison de l'aide

27 mai 2016

De retour à New York après avoir rendu visite la veille à des réfugiés syriens dans le sud de la Turquie, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires, Stephen O'Brien, a appelé vendredi les parties au conflit en Syrie à cesser immédiatement toute entrave à la livraison de l'aide humanitaire.

« Les restrictions délibérées imposées par les parties, et en particulier le gouvernement syrien, continuent d'entraver l'apport d'une aide efficace », a déploré le Secrétaire général adjoint lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur la situation en Syrie.

Il a ajouté qu'au mois de mai, les autorités du pays ont fortement réduit la capacité de l'ONU à atteindre ceux qui en ont besoin, y compris s'agissant des livraisons humanitaires autorisées par ces mêmes autorités.

« Permettez-moi d'être clair : la protection des civils et l'obtention d'un accès [humanitaire] ne devraient jamais dépendre de négociations politiques ou être utilisées comme des monnaies d'échange pour conclure des accords ad hoc sur le terrain », a déclaré M. O'Brien.

« Ce sont des principes fondamentaux du droit international humanitaire qui doivent être respectés par les parties et tous ceux qui les soutiennent », a-t-il ajouté.

Rappelant que le parachutage d'aide humanitaire est une solution de dernier recours, car elle est coûteuse, dangereuse et techniquement difficile à exécuter, le Secrétaire général adjoint a appelé les parties à fournir un accès immédiat et sans entrave à toutes les personnes dans le besoin sur l'ensemble du territoire.

M. O'Brien a par ailleurs condamné l'utilisation par les parties du siège et de la famine comme armes de guerre.

« Au regard des dernières informations dont nous disposons, nous estimons qu'environ 592,700 personnes vivent actuellement dans des zones assiégées », a déclaré M. O'Brien, précisant que ce chiffre inclut 462,700 personnes assiégées par le gouvernement syrien, 110.000 par Daech et 20.000 par d'autres groupes armés non étatiques.

« Les sièges doivent être levés une bonne fois pour toutes et immédiatement », a insisté le Secrétaire général adjoint, dénonçant le manque de volonté des parties d'y mettre un terme.

 

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