RDC : l'ONU préoccupée par la réduction de l'espace démocratique

24 mai 2016

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) a exprimé mardi sa préoccupation concernant une série de mesures prises par le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) depuis janvier 2015 pour réduire l'espace démocratique dans le pays avant les élections.

« Rien qu'entre janvier et avril de cette année, le Bureau des droits de l'homme de l'ONU a documenté 216 violations des droits de l'homme liées à l'exercice des libertés d'expression, de réunion pacifique et d'association, y compris des arrestations et détentions arbitraires, la perturbation de réunions de la société civile et de l'opposition, et des mauvais traitements envers des manifestants », a dit le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, lors d'un point de presse à Genève.

Vendredi dernier, trois militants de LUCHA (Lutte pour le changement), un groupe de la société civile, ont été condamnés pour incitation à la désobéissance civile, diffusion de fausses nouvelles et atteinte à la sûreté de l'Etat. « Nous sommes préoccupés par la pression exercée sur l'opposition et la société civile, et nous demandons à la justice de se conformer aux principes de procès équitable et de résister à toute ingérence politique », a déclaré M. Colville.

Le 21 mars de cette année, le Ministre congolais de la justice et des droits humains a annoncé que sur les 22.000 organisations non-gouvernementales (ONG) dans le pays, seulement 63 ont satisfait à la règlementation nécessaire. Il a indiqué que les ONG, internationales et congolaises, qui ne régularisent pas leur situation ne seront pas autorisées à opérer en RDC. Deux candidats de l'opposition à l'élection présidentielle ont également été victimes de harcèlement, l'un d'eux faisant l'objet de poursuites judiciaires.

Des membres de l'opposition ont annoncé qu'ils organiseraient des manifestations ce jeudi 26 mai pour exprimer leur mécontentement. « Compte tenu du climat inquiétant, nous demandons au gouvernement d'autoriser le déroulement de manifestations pacifiques et de veiller à ce que les forces de l'ordre n'aient pas recours à un usage inutile ou excessif de la force lors de ces manifestations », a déclaré le porte-parole du HCDH.

Le HCDH a également demandé aux autorités congolaises d'engager un dialogue constructif avec l'opposition et de veiller à ce que les droits de tous les Congolais à participer aux affaires publiques de leur pays soient respectés, plutôt que de chercher à supprimer la dissidence.

« Le gouvernement doit veiller à ce que les libertés de réunion pacifique, d'association, d'expression et le droit de tous les acteurs à participer aux affaires publiques, quelle que soit leur appartenance politique, soient pleinement respectés », a encore dit M. Colville. « Nous demandons également à la République démocratique du Congo de garantir son plein respect des normes internationales relatives au travail des défenseurs des droits de l'homme, y compris la Déclaration des Nations Unies sur les défenseurs des droits de l'homme ».

 

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