ISTANBUL : A l'ouverture du Sommet humanitaire, Ban Ki-moon appelle à 'façonner un avenir différent'

23 mai 2016

Lors de la cérémonie d'ouverture du premier Sommet humanitaire mondial, à Istanbul, en Turquie, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, et le Président du pays hôte, Recep Tayyip Erdogan, ont appelé lundi à combler le fossé entre les besoins humanitaires grandissants et les ressources disponibles pour y répondre.

Lors de la cérémonie d'ouverture du premier Sommet humanitaire mondial, à Istanbul, en Turquie, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, et le Président du pays hôte, Recep Tayyip Erdogan, ont appelé lundi à combler le fossé entre les besoins humanitaires grandissants et les ressources disponibles pour y répondre.

« Nous sommes ici pour façonner un avenir différent », Ban Ki-moon

« Nous sommes tous ici parce que l'action humanitaire mondiale subit une pression sans précédent », a déclaré M. Ban, rappelant qu'il avait proposé il y a quatre ans l'idée de ce premier Sommet mondial en raison de la hausse des besoins humanitaires et, parallèlement, de la diminution de la volonté politique d'y répondre.

Après trois années de consultations auprès d'environ 23.000 personnes dans plus de 150 pays, cet évènement devait rassembler plus de 6.000 participants au total dans la ville turque, du 23 au 24 mai, y compris des représentants des Etats membres de l'ONU, des leaders d'organisations non gouvernementales nationales et internationales, et des représentants du secteur privé et des communautés affectées par les conflits ou les catastrophes naturelles

« Aujourd'hui, l'urgence n'a cessé de croître », a poursuivi le chef de l'ONU, précisant qu'un nombre record de personnes, 130 millions au total, ont désormais besoin d'aide pour survivre. Il a ajouté que plus de personnes ont été forcées de quitter leur domicile qu'à aucun autre moment depuis la Seconde Guerre mondiale.

« Chaque année, les besoins augmentent et les déficits de financement augmentent aussi », a-t-il noté, ajoutant que les parties à des conflits n'ont de cesse de violer les règles de la guerre et du droit international humanitaire et que le nombre des catastrophes naturelles dans le monde continue de croitre.

Au cours des deux prochains jours, M. Ban a appelé les gens du monde entier à réaliser des engagements dans cinq domaines, à commencer par la prévention et la résolution des conflits.

« Nous devons faire davantage pour prévenir les conflits qui mobilisent plus de 80% du financement humanitaire. Cela nécessite une plus grande volonté politique, du leadership et de la persévérance », a dit le Secrétaire général.

Il a par ailleurs appelé à renforcer la protection des civils, qui sont victimes d'attaques comme jamais auparavant, en faisant respecter le droit international humanitaire et des droits humains.

M. Ban a ensuite exhorté la communauté internationale à ne laisser personne de côté et à mettre en œuvre les promesses réalisées dans le cadre du Programme de développement durable à l'horizon 2030.

« Je vous exhorte à vous engager à réduire de moitié le nombre de personnes déplacées d'ici 2030, et à trouver de meilleures solutions à long terme pour les réfugiés et les personnes déplacées, basées sur un partage plus équitable des responsabilités », a-t-il dit.

Quatrièmement, le Secrétaire général a appelé les acteurs du développement et les organisations humanitaires à travailler plus étroitement ensemble, sur la base de priorités communes pour répondre aux besoins à long terme de millions de personnes en situation de crise.

Enfin, M. Ban a appelé à fournir un financement plus direct aux personnes et aux communautés locales, à corriger le déficit chronique de financement humanitaire, et à investir dans la construction de sociétés stables et inclusives.

« Nous sommes ici pour façonner un avenir différent », a dit le chef de l'ONU. « Aujourd'hui, nous déclarons : 'Nous sommes une seule et même humanité, avec une responsabilité partagée' ».

« La douleur n'a pas de couleur, de race, de langage ou de religion », Recep Tayyip Erdogan

« La douleur n'a pas de couleur, de race, de langage ou de religion », a déclaré de son côté le Président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, s'exprimant à la suite de M. Ban.

Le Président turc a rappelé que son pays accueille à l'heure actuelle près de 3 millions de réfugiés syriens et iraquiens. Il s'est dit fier que la Turquie accueille autant de réfugiés.

M. Erdogan a également déclaré que son pays a alloué environ 6,4 milliards de dollars à l'aide humanitaire et au développement en 2014.

Toutefois, le Président turc a pointé du doigt les échecs du système humanitaire mondial, soulignant que ce Sommet offrait l'occasion de le réformer.

« Chaque pays devrait assumer sa part de responsabilité à partir de maintenant », a-t-il déclaré, en référence notamment à la question de la protection des réfugiés et migrants.

M. Erdogan a par ailleurs appelé à mettre fin aux violations du droit international humanitaire en Syrie et à améliorer l'assistance aux femmes déplacées.

« Mais alors que les besoins augmentent chaque jour, malheureusement, les ressources disponibles n'augmentent pas au même rythme », a déclaré le Président turc, exhortant la communauté internationale à allouer plus de ressources à l'aide humanitaire.

La cérémonie d'ouverture

Les discours de M. Ban et M. Erdogan ont ponctué une cérémonie riche en intervenants, qui s'est ouverte sur une performance de la chanteuse franco-malienne, Inna Modja, suivie par la projection d'un court-métrage faisant l'état des lieux du monde actuel et appelant à investir davantage dans la réponse humanitaire.

Par la suite, trois représentants de communautés affectées se sont succédés sur le podium, chacun accompagné d'une célébrité du monde du cinéma. Le premier d'entre eux, Victor Ochen, un ancien enfant soldat de l'Ouganda, a raconté son expérience et partagé une anecdote poignante sur comment il en est venu à gérer un programme de paix et de réconciliation avec un ancien membre de l'Armée de résistance du Seigneur, qui avait participé á l'enlèvement de son frère cadet.

« Dans les cendres de la guerre, Victor a planté une graine d'espoir », a ensuite déclaré l'acteur et Envoyé spécial de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Forest Whitaker Forest, qui accompagnait M. Ochen.

Ils ont ensuite été remplacés sur scène par Victoria Arnaiz-Lanting, une jeune femme des Philippines ayant survécu au Tsunami de 2013, accompagnée de l'actrice et Ambassadrice de bonne volonté du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), Ashely Judd. Sont ensuite montés sur scène Adeeb Ateeq, un Syrien ayant survécu à une explosion de mine antipersonnel, accompagné de l'acteur et Avocat des Nations Unies pour l'élimination des mines terrestres antipersonnel, Daniel Craig.

Après les discours du Secrétaire général de l'ONU et du Président de la Turquie, la cérémonie d'ouverture s'est conclue sur une nouvelle performance de la chanteuse Inna Modja.

 

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