ISTANBUL : « Des propositions très concrètes verront le jour lors du Sommet humanitaire mondial »

16 mai 2016

Organisé à l’initiative des Nations Unies, le premier Sommet humanitaire mondial qui aura lieu à l'Istanbul, en Turquie, les 23 et 24 mai prochains, doit marquer un tournant décisif dans la façon dont la communauté internationale se prépare et fait face aux conflits, catastrophes naturelles et déplacements de population sources de souffrances humaines.

Avant ce sommet à Istanbul, le Chef du Secrétariat du Sommet humanitaire mondial, Antoine Gérard, a rencontré le Centre d'actualités de l'ONU pour faire le point sur la spécificité de cet évènement d’une durée de deux jours, les principales problématiques qui y seront abordées, les résultats attendus à l’issue du Sommet et les prochains grands rendez-vous humanitaires auxquels il donnera lieu.

Centre d'actualités de l'ONU : Comment présenteriez-vous ce premier Sommet humanitaire mondiale au public non-onusien ?

Antoine Gérard : C’est un Sommet assez exceptionnel ! Il n’y a pas eu de Sommet de cette nature depuis très longtemps, dans le sens où nous aurons des représentants des Etats membres – des chefs de gouvernement et chefs d’Etat – mais aussi des leaders d’organisations non gouvernementales nationales et internationales, de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, ainsi que des représentants du secteur privé et des communautés affectées par les conflits ou les désastres naturels.

C’est donc une formule assez unique et que l’on ne peut pas répéter chaque année. Ça a été un long travail d’organisation d’une durée de trois ans. C’est par conséquent un évènement exceptionnel pour regarder toutes les grandes questions actuelles qui affectent les individus liées aux déplacements, aux conflits et aux désastres naturels. C’est un grand rassemblement de ces différents acteurs qui peuvent, ensemble, faire une différence pour les personnes affectées par les conflits et désastres naturels.

Centre d'actualités de l'ONU : Quels sont les principaux problèmes sur lesquels le Sommet sera amené à examiner ?

Antoine Gérard : Il va y avoir des grandes orientations et des engagements qui seront pris, non seulement par les représentants des Etats membres, mais également par des représentants de la communauté qui participent à la réponse humanitaire.

Au niveau des financements, par exemple, on sait très bien que des initiatives vont être lancées, afin de mieux financer la réponse humanitaire. Quand vous avez une crise, et particulièrement un conflit, vous avez des enfants qui sont déplacés. Ils sont dans des camps de réfugiés. Mais ont-ils accès à l’éducation à laquelle ils avaient accès auparavant, avant d’être déplacés. L’intention est donc de créer, par exemple, un fonds qui permettra de financer l’éducation en situation d’urgence.

Le Chef du Secrétariat du Sommet humanitaire mondial d'Istanbul parle de ses attentes. Credit: Nacion Unies

Nous souhaitons également lancer une initiative où les différents gouvernements, et notamment les responsables de grandes cités, y compris des maires d’un certain nombre de villes mondiales, se réuniront au moment du Sommet afin de prendre des initiatives. Ces dernières tenteront de voir comment, lorsqu’on a notamment des déplacements, des grands désastres naturels, ou même des conflits à l’intérieur des villes, comment il est possible de développer une réponse humanitaire efficace dans ces grandes villes.

Nous aurons donc un certain nombre d’initiatives afin que les communautés affectées puissent résister beaucoup mieux aux différents chocs auxquels elles font face, que ce soient des chocs liés à des catastrophes naturelles ou à des conflits. Des propositions très concrètes verront le jour lors du Sommet pour faire en sorte que les personnes affectées puissent mieux résister aux chocs, mais aussi pour avoir une utilisation plus efficace du financement, voire peut-être bénéficier de plus de financement dans certains secteurs.

D’autre part, nous souhaitons tout particulièrement obtenir des initiatives sur la question du déplacement. Quand on sait que beaucoup de personnes sont déplacées actuellement, au point que nous assistons à la plus grande crise de déplacement dans le monde depuis la Seconde Guerre mondiale, en raison des conflits, mais aussi des désastres naturels, on se doit d’être beaucoup plus créatif et imaginatif. Nous devons lancer des grandes initiatives pour faire en sorte que les personnes déplacées reçoivent une assistance et, peut-être, faire mieux pour prévenir ces déplacements.

Centre d'actualités de l'ONU : Concrètement, qu’est-ce qui ferait de ce Sommet une réussite, selon vous ?

Antoine Gérard : Ce n’est pas seulement obtenir plus d’argent. Certes, plus d’argent serait bénéfique, ou tout du moins, de l’argent pour les initiatives dont je viens de parler qui seront lancées durant le Sommet. Ce qui ferait de ce Sommet une réussite, ce serait également qu’il permette d’être plus efficace, de mieux travailler ensemble.

Ces trois ans de consultations pour la préparation de ce Sommet ont révélé que, finalement, nous pouvons beaucoup mieux travailler ensemble. Le secteur privé, les organisations nationales et internationales et les communautés locales ne demandent qu’une chose : que l’on puisse beaucoup mieux travailler ensemble dans la réponse aux besoins, qu’il s’agisse des désastres ou des conflits. Et nous avons déjà des grandes directions, des agendas communs pour mieux faire.

Ce Sommet c’est le résultat de ces consultations ; c’est redire que nous souhaitons travailler ensemble sur ces grandes orientations ; et c’est définir une stratégie qui permettra de porter ces grands projets après le Sommet. Le Sommet est un point de départ pour ces grandes orientations. Par conséquent, l’un des moyens de vérifier si ce Sommet est un succès sera de voir dans quelle mesure ces grands engagements vont être mise en œuvre.

Centre d'actualités de l'ONU : Justement, quel sera le prochain grand rendez-vous humanitaire après Istanbul ?

Antoine Gérard : Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, dans son rapport qu’il a présenté le 9 février dernier, intitulé ‘Une seule humanité, des responsabilités partagées’ et dont nous avons une version française sur le site internet du Sommet, est très clair. Dans la conclusion du rapport, le Secrétaire général dit que nous devons observer comment ces engagements vont être mis en place : est-ce qu’ils vont l’être au niveau national, régional ou international ? Est-ce qu’ils le seront à travers des consultations gouvernementales uniquement ou également des consultations régionales ? Comment est-ce que les plateformes qui vont être créées au moment du Sommet – des plateformes d’organisations régionales ou du secteur privé – vont mettre en place ces différents engagements ? Nous espérons qu’assez prochainement, dans deux ou trois ans, nous pourrons trouver une formule pour pouvoir nous souvenir que ces engagements ont été pris et faire en sorte que l’on puisse évaluer comment ils sont mis en œuvre.

On sait qu’il y aura du point de vue inter-gouvernemental des consultations. Il y aura notamment la prochaine consultation au mois de juin 2016 du Conseil économique et social de l’ONU (ECOSOC). Il y a aura également l’Assemblée générale des Nations Unies avec tous les Etats membres en septembre prochain. Ces rendez-vous nous permettront, dans un premier temps, d’évaluer comment ces différents engagements vont être pris du point de vue des Etats membres. Mais il y aura certainement d’autres initiatives, au niveau national et régional, qui permettront d’évaluer comment ces engagements vont être mis en œuvre.

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