Le Conseil de sécurité appelle à créer un cadre international pour combattre la propagande terroriste

11 mai 2016

Suite à un débat sur la lutte contre les idéologies terroristes, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté mercredi une déclaration appelant à créer un cadre international exhaustif pour mieux combattre la propagande terroriste dans le monde.

Dans cette déclaration, le Conseil déclare avec insistance que le terrorisme ne peut être vaincu qu'à la faveur d'une « démarche suivie et globale », faisant appel à la participation active de tous les États, des organisations internationales et régionales et de la société civile.

Les 15 membres du Conseil rappellent que la lutte contre l'extrémisme violent, qui peut conduire au terrorisme, consiste notamment à « prévenir la radicalisation et la mobilisation de personnes et leur recrutement dans des groupes terroristes et à empêcher ces personnes de devenir des combattants terroristes étrangers ».

Le Conseil note avec inquiétude que Daech, Al-Qaida et les personnes, groupes, entreprises ou entités qui leur sont associés, construisent un « discours fallacieux » fondé sur une interprétation erronée et une présentation déformée de la religion pour justifier la violence. Ils utilisent ensuite ce discours pour recruter des partisans et des combattants terroristes étrangers, mobiliser des ressources et obtenir l'appui de sympathisants, notamment via Internet et les médias sociaux.

A ce sujet, le Conseil note que la communauté internationale devrait « s'appliquer à comprendre exactement » comment ces groupes parviennent à pousser d'autres personnes à commettre des actes de terrorisme ou à les recruter à cette fin, afin de mettre au point des moyens efficaces de combattre la propagande terroriste, notamment via Internet.

Le Conseil appelle ainsi à mener une « campagne de contre-propagande » visant à susciter et à amplifier la dénonciation active de Daech et d'Al-Qaida

A cette fin, le Conseil prie son Comité contre le terrorisme de lui présenter le 30 avril 2017 au plus tard une « proposition de cadre international complet, assortie de recommandations sur les principes directeurs et bonnes pratiques à suivre » pour lutter efficacement contre la propagande de Daech et d'Al-Qaida.

« Les groupes terroristes exploitent les croyances religieuses afin d'inciter à la haine et à la violence, provoquant la division et la polarisation dans nos sociétés », a de son côté déploré le Vice-Secrétaire général des Nations Unies, Jan Eliasson, dans le cadre du débat au Conseil, soulignant que les jeunes peuvent être particulièrement sensibles aux détournements idéologiques des terroristes, parce que ces derniers leur offrent un sentiment d'appartenance, un salaire et des promesses de gloire.

Le Vice-Secrétaire général a indiqué qu'il n'existait rien de mieux que le soutien d'un ami ou d'un membre de la famille pour contrer l'attraction potentiellement exercée par les terroristes sur les jeunes et renforcer leur sentiment d'espoir et d'appartenance.

« Nous devons investir dans la jeunesse d'aujourd'hui – avec des ressources matérielles et une sensibilisation à la politique. Nous ne devons pas travailler seulement pour les jeunes – nous devons travailler avec les jeunes. Au lieu de considérer les jeunes comme faisant partie du problème, nous devons exploiter leur immense potentiel pour forger des solutions », a-t-il déclaré.

Les terroristes sont unis dans leurs croyances nihilistes et antihumanistes, a poursuivi le Vice-Secrétaire général. Pour leur faire face, la communauté internationale doit présenter un front uni et défendre la diversité, a-t-il dit.

« Lorsque nous voulons faire face à la menace terroriste, les solutions sécuritaires et militaires sont importantes, mais pas suffisantes », a déclaré M. Eliasson, ajoutant qu'outre les jeunes, il convient d'écouter attentivement et de collaborer avec les minorités marginalisées au niveau local, les leaders communautaires et religieux, ainsi que les femmes.

« Ce sont eux qui se trouvent sur la ligne de front, debout face aux extrémistes violents – et ils sont les mieux à même de savoir comment réagir au niveau local et individuel », a insisté le Vice-Secrétaire général.

L'Internet est un outil puissant que les extrémistes violents ont utilisé pour diffuser leurs messages de haine, a par ailleurs indiqué M. Eliasson, appelant à réaliser davantage d'études sur la façon dont les extrémistes violents utilisent l'Internet et les médias sociaux.

Dans le même temps, le Vice-Secrétaire général a rappelé l'importance de respecter la liberté de parole, d'expression et de réunion.

« La protection de la liberté des médias est une défense contre les récits idéologiques des terroristes. Il ne doit y avoir aucune punition arbitraire ou excessive contre les personnes qui expriment simplement leurs opinions », a-t-il dit, tout en appelant à ce que la lutte contre le terrorisme en général ne remette pas en cause les libertés fondamentales.

 

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