L'ONU dénonce l'abattage, le prélèvement et le commerce illégal des oiseaux migrateurs

10 mai 2016

À l'occasion de la Journée mondiale des oiseaux migrateurs qui est célébrée chaque année le 10 mai, l'ONU a dénoncé l'abattage, le prélèvement et le commerce illégal des oiseaux migrateurs et a rappelé que ces derniers étaient un symbole de l'inter-connectivité de la vie sur Terre.

« Durant leurs longs périples, les oiseaux migrateurs se heurtent à un grand nombre d'obstacles naturels, depuis les prédateurs jusqu'aux conditions météorologiques. Ils ne devraient pas aussi avoir à esquiver l'odieuse persécution que représente le commerce illégal des espèces sauvages », a déclaré le Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), Achim Steiner.

Selon lui, « le prélèvement et l'abattage illégaux d'oiseaux menacent non seulement la survie des espèces d'oiseaux mais aussi celle des écosystèmes, des communautés et des moyens d'existence. C'est pourquoi la Journée mondiale des oiseaux migrateurs ne concerne pas uniquement les oiseaux, elle nous rappelle le rôle qu'ils jouent pour la planète comme pour les populations ».

Lancée en 2006, la Journée mondiale des oiseaux migrateurs est célébrée chaque année pour appeler l'attention sur la nécessité de conserver les oiseaux migrateurs et leurs habitats.

Plus de 200 événements devaient marquer cette Journée à travers le monde, notamment des festivals, des programmes éducatifs, des événements médiatiques, des excursions ornithologiques, des présentations, et des projections de films.

La Convention sur les espèces migratrices (CMS) a annoncé lundi la création d'un groupe intergouvernemental spécial chargé de s'attaquer à l'abattage, au prélèvement et au commerce illégaux des oiseaux migrateurs dans la région méditerranéenne composé de gouvernements et de la Commission européenne.

Le PNUE, l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (UNODC), des traités environnementaux internationaux, INTERPOL, des organismes chargés de l'application des lois, des organismes judiciaires, des communautés de chasseurs et des organisations non gouvernementales font aussi partie de cette coalition.

Selon une estimation de BirdLife International, quelque 25 millions d'oiseaux, y compris des espèces en danger de sauvagine, d'oiseaux chanteurs et de rapaces sont tués chaque année illégalement rien que dans la région méditerranéenne, ce qui sape les efforts déployés pour les protéger.

La chasse aux oiseaux est traditionnellement pratiquée en Méditerranée depuis des siècles mais la recrudescence récente d'activités illégales comme le braconnage et le piégeage, met en danger de nombreuses espèces menacées qui sont déjà soumises à d'autres pressions, comme les changements climatiques et la perte d'habitats.

« Il est clair que la criminalité liée aux espèces sauvages est aujourd'hui l'une des plus grandes menaces pesant sur certains des animaux sauvages les plus emblématiques du monde, tels que les éléphants, les gorilles ou les antilopes addax. Malheureusement, elle frappe aussi de plus en plus des millions d'oiseaux migrateurs parcourant les grandes voies de migrations du monde. La criminalité liée aux espèces sauvages, en particulier sous la forme d'abattage, de prélèvement et de commerce illégaux d'oiseaux sauvages, est une grave menace à l'échelle mondiale pour de nombreux oiseaux d'eau, oiseaux terrestres et oiseaux de proie. Par le biais de son Groupe spécial, la CMS coordonnera les efforts internationaux dans la lutte contre cette persécution illégale des oiseaux migrateurs, en commençant par s'attaquer au problème dans la région méditerranéenne », a déclaré le Secrétaire exécutif de la CMS, Bradnee Chambers.

Chaque année, jusqu'à 6,2 millions d'oiseaux épuisés, migrant entre leurs sites de reproduction et leurs sites d'hivernage, sont pris dans les filets placés illégalement sur des centaines de kilomètres le long des côtes nord-africaines. Les moins chanceux subissent une lente agonie pris dans les gluaux – rameaux enduits d'une substance collante extrêmement visqueuse. On estime que jusqu'à 2 millions de fauvettes à tête noire meurent dans ces pièges chaque année.

Le Groupe intergouvernemental spécial va donner une nouvelle impulsion aux efforts internationaux déployés contre l'abattage, le prélèvement et le commerce illégaux des oiseaux en convenant de nouvelles lignes directrices et recommandations ainsi que de nouveaux plans d'action pour s'attaquer aux causes du braconnage. Le Groupe spécial s'emploiera à changer les méthodes de chasse pratiquées dans la région afin de les rendre plus conformes aux lois nationales et internationales. Il tiendra sa première réunion au Caire du 12 au 15 juillet 2016.

 

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