Agir pour l’humanité - En Ukraine, une « bibliothèque vivante » pour apprendre à vivre ensemble

6 mai 2016

Raconter son histoire, ses souffrances et ses petites joies, son sentiment de déracinement et d’exclusion sociale, mais aussi son sentiment d’appartenance : l’ONU a rendu cela possible en Ukraine grâce à une « bibliothèque vivante » permettant aux déplacés et aux communautés d’accueil dans les zones affectées par le conflit d’apprendre à vivre ensemble.

Cette « bibliothèque vivante » permet d’enregistrer des témoignages qui peuvent ensuite être consultés. Ce projet a été conçu par une organisation non gouvernementale et est soutenu par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Depuis deux ans, près de 10.000 personnes ont été tuées et plus de 21.000 blessées dans les combats en Ukraine. Des centaines de milliers de personnes ont fui les zones de conflit et ont trouvé refuge dans d’autres régions, mettant la pression sur les ressources et les infrastructures des communautés qui les accueillent, changeant la vie des gens qui y habitent, suscitant d’éventuelles tensions. Les provinces de Donetsk et de Louhansk sont de facto divisées entre les zones contrôlées par le gouvernement et celles sous le contrôle des rebelles.

La « bibliothèque vivante » du PNUD réunit « les histoires de différentes communautés, en particulier des histoires de déplacement, le sentiment d’être chez soi, le sentiment d’être déraciné, les préjudices, l’exclusion sociale. Les gens deviennent des livres vivants, ils racontent toutes ces histoires et les enregistrent pour qu’elles soient ensuite réunies dans cette bibliothèque que d’autres gens peuvent consulter », a expliqué le Directeur du PNUD en Ukraine, Janthomas Hiemstra, dans un entretien avec le Centre d’actualités des Nations Unies dans la perspective du Sommet humanitaire mondial qui se déroulera à Istanbul, en Turquie, les 23 et 24 mai prochains.

Selon M. Hiemstra, cette « bibliothèque vivante est une « activité thérapeutique », qui permet aux gens « de commencer à se rendre compte qu’être une personne déplacée interne est très difficile mais que c’est aussi difficile de faire partie de la communauté d’accueil » et que « vivre ensemble est quelque chose qui peut s’apprendre et que l’on peut encourager ».

Cette « bibliothèque vivante » est l’une des activités soutenues par le PNUD dans les zones affectées par le conflit en Ukraine pour stimuler le dialogue et la réconciliation entre les communautés. « Depuis le début au PNUD, nous avons compris que les activités post-conflit ne consistent pas seulement en une reconstruction physique mais aussi en une reconstruction psychologique et sociale », souligne le Directeur du PNUD en Ukraine.

« Nous avons organisé des manifestations centrées sur le dialogue et la réconciliation dans 700 communautés, ce qui a permis d’atteindre 12.000 personnes », dit Janthomas Hiemstra. Il s’agit surtout de manifestations culturelles destinées à aider les gens à mieux se connaître les uns les autres, aux communautés d’accueil de se réconcilier avec le fait qu’elles comptent de nouveaux membres, parfois des milliers, et à faire en sorte qu’ils commencent tous « à se sentir un peu plus à l’aise les uns avec les autres ».

Depuis le début au PNUD, nous avons compris que les activités post-conflit ne comprennent pas seulement une reconstruction physique, mais aussi une reconstruction psychologique et sociale

Pour ce type d’activités destinées à stimuler le dialogue et la compréhension mutuelle, le PNUD développe généralement des partenariats avec des organisations non gouvernementales locales qui connaissent les traditions des régions concernées.

En vue du Sommet humanitaire mondial à Istanbul, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a présenté son Programme d’action pour l’humanité, axé sur cinq responsabilités fondamentales. L’une de ces priorités consiste à faire preuve de volonté politique pour prévenir et faire cesser les conflits.

Le PNUD est présent en Ukraine depuis plus de vingt ans et le conflit qui a éclaté il y a deux ans a changé les priorités de l’agence onusienne. Elle se concentre désormais sur des activités destinées à permettre la réconciliation, même si le conflit est toujours en cours.

Parmi ces activités, le PNUD soutient aussi un projet de plateforme en ligne de soutien au dialogue, qui permet de réunir des gens participant à divers dialogues déjà en cours au niveau local en Ukraine.

« Il s’agit d’une méthode innovatrice » destinée à soutenir la cohésion sociale, a souligné M. Hiemstra. Une quarantaine de médiateurs ukrainiens ont été formés pour enregistrer les résultats des dialogues et les postés sur la plateforme. Ce projet est mis en œuvre en partenariat avec le Forum européen pour la médiation et le dialogue (MediatEUr). L’idée est que les médiateurs peuvent jouer un rôle pour orienter les dialogues dans une direction pacifique et utile pour le pays. La plateforme aide les facilitateurs à entrer en contact les uns avec les autres et avec des homologues étrangers afin de partager information et expérience et d’améliorer leurs capacités en matière de dialogue.

Au-delà des activités destinées à permettre la réconciliation dans les zones affectées par le conflit, le PNUD soutient également la gouvernance démocratique, au moment où l’Ukraine est engagée dans un large processus de décentralisation, avec de nouveaux pouvoirs accordés aux provinces et aux municipalités. Ce processus de décentralisation concerne également les deux provinces affectées par le conflit et le PNUD a déployé une cinquantaine d’employés dans l’est du pays. « C’est à un millier de kilomètres de Kiev et nous pensons que le processus de reconstruction ne peut pas être dirigé de Kiev. C’est pourquoi nous avons ce nombre important d’employés là-bas qui assistent les deux provinces affectées par le conflit », a expliqué M. Hiemstra.

Pour l’ensemble de l’Ukraine, ce processus de décentralisation est véritablement une nouveauté dans un contexte où les communautés sont généralement passives et attendent que le développement et le progrès viennent du gouvernement central.

« Cela fait déjà plus de dix ans que le PNUD incite les communautés à penser par elles-mêmes, à planifier par elles-mêmes, à sélectionner elles-mêmes des projets et à mobiliser les ressources pour permettre des changements, qu’il s’agisse de l’éclairage public, des routes, des rénovations des écoles, des systèmes de chauffage, toutes sortes de choses qui risquent de prendre une éternité si vous attendez que le gouvernement le fasse », a expliqué Janthomas Hiemstra. « Si les communautés commencent à comprendre que le développement est entre leurs mains, elles seront en mesure de commencer à faire beaucoup de choses elles-mêmes ». Selon lui, ce programme du PNUD s’intègre très bien avec la nouvelle politique de décentralisation.

« Si vous décidez que la responsabilité pour un certain nombre de choses ne relève pas de la capitale mais devrait être décentralisée dans les régions, cela va avec l’idée que les communautés peuvent prendre les choses en main elles-mêmes », a-t-il conclut.

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