Syrie : Ban Ki-moon indigné par le bombardement d'un camp de fortune pour personnes déplacées

6 mai 2016

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est déclaré vendredi indigné par l'attaque de la veille sur un camp de fortune pour personnes déplacées près du village de Sarmada dans la province d'Idlib, en Syrie, près de la frontière avec la Turquie.

« L'Organisation des Nations Unies, ainsi que des partenaires humanitaires sur le terrain, évaluent les besoins et la mobilisation d'une réponse pour les familles qui ont fui le camp de peur de nouvelles attaques », a dit son porte-parole dans une déclaration à la presse.

« Le Secrétaire général demande à nouveau au Conseil de sécurité d'envoyer un message fort à toutes les parties au conflit leur disant qu'il y aura des conséquences sérieuses pour les graves violations du droit international humanitaire et des droits humains. Les responsables de l'attaque apparemment calculée d'hier contre des civils dans ce camp à Idlib, qui pourrait constituer un crime de guerre, doivent rendre des comptes. Il demande à nouveau instamment au Conseil de sécurité de déférer la situation en Syrie à la Cour pénale internationale », a ajouté le porte-parole.

Le Secrétaire général a appelé tous les États membres à agir immédiatement et collectivement pour mettre fin à la tragédie qui se déroule en Syrie. Il a invité les membres du Conseil de sécurité à donner suite aux engagements qu'ils ont pris dans les résolutions 2254 (2015) et 2268 (2016) pour pousser les parties syriennes à cesser leurs attaques aveugles contre des civils.

Plus tôt vendredi, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a également condamné le bombardement près de Sarmada.

Jeudi soir, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires, Stephen O'Brien, s'était dit horrifié et dégoûté par ce bombardement.

M. Zeid a noté que « ces campements de tentes étant installés sur place depuis plusieurs semaines et faciles à voir du ciel, il est extrêmement improbable que ces attaques meurtrières soient accidentelles ». « Il est beaucoup plus probable qu'elles aient été délibérées et constituent un crime de guerre », a-t-il ajouté

Selon les rapports préliminaires des premiers intervenants, quelque 30 civils, dont des enfants, ont péri lors de cette attaque, et des dizaines de civils ont été blessés. De nombreuses tentes ont aussi été entièrement détruites.

Le Haut-Commissaire aux droits de l'homme a indiqué que ses services et d'autres organisations allaient mettre tout en œuvre pour mener des recherches et consigner des preuves « sur ce qui semble être un crime particulièrement odieux et calculé contre un groupe extrêmement vulnérable de personnes, dont la plupart ont été forcées de fuir leur foyer à Alep en février dernier en raison d'attaques aériennes incessantes ».

Des informations préliminaires suggèrent que ces attaques ont été menées par le gouvernement syrien, mais ces informations restent à vérifier, a précisé M. Zeid.

Le Haut-Commissaire s'est aussi dit alarmé par les derniers développements dans la prison centrale d'Hama où une émeute a eu lieu le 1er mai, après que les autorités ont, selon des informations, tenté d'extraire cinq détenus pour les emmener vers la prison de Sidnaya, où il aurait été prévu de les exécuter.

« Des détenus ont pris le contrôle d'une partie de la prison et détiennent des gardes en otage. Les autorités ont coupé l'alimentation en eau et en électricité. Des forces de sécurité lourdement armées entourent la prison et nous craignons qu'un assaut potentiellement meurtrier ne soit imminent. Des centaines de vies sont en jeu et j'exhorte les autorités à avoir recours à la médiation, ou à d'autres alternatives, plutôt qu'à la force », a dit M. Zeid.

« Une fois encore, j'exhorte tous les gouvernements ayant une influence en Syrie à intervenir pour faire cesser ce genre d'attaques et les autres violations et abus des droits de l'homme commis par les parties au conflit. Et j'exhorte ceux parmi les gouvernements siégeant au Conseil de sécurité qui n'ont cessé de bloquer la saisine de la Cour pénale internationale (CPI) sur le cas syrien à être à la hauteur des responsabilités associées au fait d'en être membre. Ils devraient référer la situation en Syrie à la CPI, de manière à ce qu'un chemin clair soit établi vers la sanction des personnes qui commettent de tels crimes et vers une certaine forme de dissuasion pour ceux qui envisagent d'en perpétrer d'autres ».

 

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