Mozambique : l'ONU s'inquiète de la propagation des combats entre le gouvernement et l'opposition

29 avril 2016

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) s'est inquiété vendredi des rapports récents faisant état de combats au Mozambique entre les forces gouvernementales et des membres de la Renamo, un ancien groupe rebelle devenu le principal parti d'opposition du pays à la fin de la guerre civile, qui avait duré près de 16 ans, en 1992.

« Des violations des droits de l'homme, y compris des cas de disparitions forcées et d'exécutions sommaires, ont également été signalées », a indiqué le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, lors d'un point de presse à Genève.

Selon le porte-parole, cela fait plusieurs mois que la tension monte au Mozambique, notamment depuis que la Renamo a rejeté les résultats des élections législatives de 2014 et annoncé son intention de prendre le pouvoir dans six des 11 provinces du pays. Les opérations militaires ensuite lancées par l'armée contre la Renamo, cantonnées au départ à la province de Tete, semblent désormais se propager à d'autres provinces, a déclaré M. Colville, ajoutant que 10.000 personnes ont quitté le pays depuis décembre à 2015.

« Les forces de sécurité ont été accusées d'exécutions sommaires, de pillages, de destruction de biens, de viols, de mauvais traitements et d'autres violations des droits de l'homme », a ajouté le porte-parole, précisant que, selon des sources fiables, au moins 14 fonctionnaires locaux de la Renamo ont été tués ou enlevés par des individus ou des groupes non identifiés depuis le début de l'année.

Le 20 janvier dernier, a ajouté M. Colville, le Secrétaire général de la Renamo et élu parlementaire Manuel Bissopo a été la cible d'une tentative d'assassinat.

Par ailleurs, le porte-parole a indiqué que des attaques contre la police et l'armée ont été attribuées à la Renamo, dont les membres sont également soupçonnés d'avoir commis des violations des droits de l'homme contre des civils perçus comme étant associés au parti au pouvoir, le Frelimo, ou favorables aux forces de sécurité.

« Le manque de responsabilité pour les violations passées des droits de l'homme semble être un élément clé de la détérioration de la situation actuelle », a indiqué M. Colville.

D'autre part, le HCDH s'est dit alarmé par les rapports récents indiquant que des défenseurs des droits de l'homme ayant appelé à des manifestations publiques en faveur de plus de transparence dans la gestion des ressources publiques ont été harcelés et menacés.

« A l'avance des manifestations prévues aujourd'hui, demain et la semaine prochaine, nous exhortons le gouvernement à remplir son obligation de garantir que tous les citoyens puissent exercer leurs droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion pacifique. Nous appelons également les responsables de l'application de la loi à faire preuve de la plus grande retenue dans le maintien de l'ordre public », a déclaré M. Colville.

 

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