Syrie : l'ONU s'inquiète du regain de violence au cours des deux dernières semaines

28 avril 2016

Plusieurs hauts responsables des Nations Unies ont exprimé leur vive inquiétude concernant le regain de violence en Syrie au cours des dernières semaines, au moment même où un cycle de pourparlers de paix inter-syriens commencé le 13 avril vient de s'achever.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a condamné jeudi des frappes aériennes ayant visé mercredi l'hôpital Al Qods à Alep. Des groupes de la société civile font état d'au moins vingt personnes tuées à la suite de ces frappes, dont trois enfants et le dernier pédiatre de la région.

Le Secrétaire général a présenté ses sincères condoléances aux familles endeuillées, a précisé son porte-parole dans une déclaration à la presse.

« Le Secrétaire général réitère également sa condamnation des récents bombardements aveugles par les forces gouvernementales et les groupes d'opposition, ainsi que des tactiques terroristes utilisées par les extrémistes. Les attaques qui visent des civils sont des violations inexcusables des droits de l'homme et du droit international humanitaire », a-t-il ajouté

Ban Ki-moon a appelé les belligérants en Syrie à renouveler immédiatement leur engagement envers la cessation des hostilités. Il a encouragé le Groupe international de soutien Syrie (GSEE), en particulier ses deux coprésidents, la Russie et les États-Unis, à faire pression sur toutes les parties concernées pour arrêter les combats et assurer des enquêtes crédibles sur les incidents tels que l'attaque sur l'hôpital Al Qods.

« Le Secrétaire général est convaincu que seul un accord conforme au Communiqué de Genève de 2012 et à la résolution 2254 (2015) du Conseil de sécurité peut conduire à une solution au conflit en Syrie. Au lieu de bombarder des zones civiles, toutes les parties syriennes doivent de nouveau se concentrer sur un processus politique », a dit son porte-parole.

S'agissant des pourparlers de paix à Genève, l'Envoyé spécial pour la Syrie, Staffan de Mistura, a déclaré mercredi soir que « les parties prenantes syriennes ont désormais accepté la nécessité d'une transition politique ». Dans un communiqué de presse publié après qu'il a fait un exposé de la situation, par vidéoconférence depuis Genève, devant le Conseil de sécurité de l'ONU, M. de Mistura a ajouté qu'il subsistait des différences importantes entre les visions respectives des parties en conflit concernant cette transition.

L'Envoyé spécial a également noté « avec préoccupation l'augmentation du niveau de violence en Syrie au cours des deux dernières semaines ». Ce regain de violence et l'aggravation de la situation humanitaire sur le terrain, malgré de modestes mais réels progrès, « ont eu un impact sur le déroulement de ce cycle de pourparlers », qui s'est achevé le 27 avril à Genève.

« Soyons francs, ce cycle de pourparlers a été éclipsé par une détérioration significative et inquiétante de la cessation des hostilités », a dit M. de Mistura lors d'un point de presse mercredi soir à Genève. « Il y a quelques heures, un hôpital à Alep a été touché par une frappe aérienne (…) Il y a quelques jours, à Damas, 15 personnes ont été tuées et 30 autres blessées », a-t-il ajouté.

« Le prochain cycle de pourparlers va avoir lieu car nous voulons et devons maintenir la dynamique. Mais ces pourparlers ne seront substantiels que si la cessation des hostilités revient au niveau constaté en février et en mars », a encore dit l'Envoyé spécial.

Staffan de Mistura a appelé à une initiative conjointe des Etats-Unis et de la Russie au plus haut niveau. Il a également jugé nécessaire qu'une réunion du Groupe international de soutien à la Syrie ait lieu dans un avenir proche.

Lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU vendredi sur la Syrie, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires, Stephen O'Brien, s'est également inquiété du récent regain de violence à Alep, Homs, Idlib, Lattaquié et le Grand Damas.

« Rien que ce matin, les forces du gouvernement syrien auraient repris les bombardements aériens dans le gouvernorat de Deraa pour la première fois depuis le début de la cessation des hostilités », a dit M. O'Brien dans un exposé devant le Conseil de sécurité.

« Les parties au conflit, le Conseil de sécurité, et les co-présidents du Groupe international de soutien à la Syrie doivent faire tout leur possible pour relancer la cessation des hostilités », a-t-il ajouté.

Selon lui, l'accès humanitaire ne peut pas être intermittent. « Les niveaux actuels d'accès laissent encore des civils affamés et sans soins médicaux », a dit M. O'Brien.

« Si la communauté internationale ne parvient pas à maintenir la dynamique politique avec une cessation durable des hostilités, et si l'accès humanitaire n'est pas durable, la situation ne peut que se dégrader », a-t-il ajouté. « Franchement, je ne suis pas sûr combien de jours, de semaines ou de mois, les Syriens qui souffrent depuis longtemps peuvent supporter cette catastrophe humanitaire prolongée ».

 

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