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L'UNICEF et la Banque mondiale appellent à investir dans le développement de la petite enfance

Depuis 2006, le gouvernement indonésien travaille avec la Banque mondiale pour mettre en oeuvre le Programme d'éducation et de développement de la petite enfance, pour aider à préparer les enfants à entrer à l'école. Photo : Banque mondiale / Erly Tatonto
Depuis 2006, le gouvernement indonésien travaille avec la Banque mondiale pour mettre en oeuvre le Programme d'éducation et de développement de la petite enfance, pour aider à préparer les enfants à entrer à l'école. Photo : Banque mondiale / Erly Tatontos

L'UNICEF et la Banque mondiale appellent à investir dans le développement de la petite enfance

Le Directeur général du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), Anthony Lake, et le Président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, ont appelé les dirigeants internationaux et nationaux à investir davantage dans des programmes de nutrition et de développement de la petite enfance, essentiels pour le développement équitable et la croissance économique.

Dans un communiqué de presse conjoint, les deux hauts responsables ont annoncé jeudi la mise en place d'une nouvelle alliance visant à faire du développement de la petite enfance une priorité en matière de politique internationale et de dépenses publiques, afin de donner à tous les jeunes enfants un accès à des services de qualité pour améliorer leur santé, leur nutrition et leur bien-être affectif.

Selon l'UNICEF et le Groupe de la Banque mondiale, un enfant sur quatre âgé de moins de cinq ans dans le monde (soit 159 millions d'enfant) est atteint de retard de croissance à cause d'une mauvaise nutrition. Ces chiffres sont substantiellement plus élevés dans certaines parties de l'Afrique et de l'Asie du Sud. Près de la moitié des enfants âgés de trois à six ans n'ont par ailleurs pas accès à une éducation pré-primaire (80% en Afrique subsaharienne).

« Il est désormais temps de traiter le retard de croissance chez les enfants comme une situation d'urgence en matière de développement et d'économie », a dit le Président du Groupe de la Banque mondiale, Jim Yong Kim. « Notre incapacité à faire les bons investissements dans le développement de la petite enfance condamne des millions d'enfants à vivre dans l'exclusion. Nous ne pouvons pas promettre d'égaliser les résultats en matière de développement mais nous pouvons insister sur l'égalisation des chances », a-t-il ajouté.

Des données scientifiques nouvelles montrent en effet qu'un contact prolongé avec des situations difficiles – comme celles auxquelles sont confrontés les enfants qui grandissent dans des pays touchés par un conflit ou des foyers affectés par la violence domestique – peut créer un stress toxique capable d'inhiber le développement maximal du cerveau durant la petite enfance.

De manière générale, les progrès réalisés dans les neurosciences et les dernières études économiques montrent que les expériences vécues au cours de la petite enfance ont un impact profond sur le développement du cerveau et par conséquent sur l'acquisition, la santé et le revenu à l'âge adulte. Les enfants mal alimentés et mal accompagnés ainsi que ceux qui ne bénéficient pas d'une stimulation précoce ont une probabilité plus grande de moins bien apprendre à l'école et d'avoir un revenu plus faible à l'âge adulte.

« Ce que nous sommes en train d'apprendre sur l'ensemble des éléments qui affectent le développement du cerveau des enfants – si leur corps est bien alimenté, si leur esprit est stimulé, s'ils sont protégés contre la violence – est déjà en train de changer la façon dont nous pensons le développement de la petite enfance. Aujourd'hui, nous devons changer la façon dont nous agissons », a quant à lui déclaré le Directeur général de l'UNICEF.

À travers cette nouvelle alliance, le Groupe de la Banque mondiale et l'UNICEF ont invité les gouvernements, les partenaires de développement, la société civile, les fondations et le secteur privé à faire du développement de la petite enfance une priorité en matière de développement national et international.

L'une des cibles (4.2) d'un des Objectifs de développement durable (ODD) du Programme à l'horizon 2030 a justement pour but d'augmenter le pourcentage d'enfants âgés de moins de cinq ans en bonne voie, du point de vue du développement, sur le plan de la santé, l'acquisition des connaissances et du bien-être psychologique.