Côte d'Ivoire : un haut responsable de l'ONU recommande de mettre fin à la mission de maintien de la paix

12 avril 2016

Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous, a estimé mardi qu'il serait judicieux de mettre un terme à la Mission de maintien de la paix de l'ONU en Côte d'Ivoire et d'envisager très prochainement le futur rôle de l'Organisation pour soutenir la consolidation de la paix, la stabilité et la démocratie dans le pays.

« La Côte d'Ivoire a considérablement avancé depuis le déploiement de l'ONUCI [Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire] au mois d'avril 2004 », a déclaré M. Ladsous lors d'une réunion du Conseil de Sécurité de l'ONU sur la situation dans le pays. « Le pays est désormais solidement ancré sur la voie de la paix, de la stabilité et de la relance économique », a-t-il dit.

Le Secrétaire général adjoint a notamment salué la poursuite par le gouvernement de la Côte d'Ivoire de réformes permettant l'élargissement de l'espace politique et le renforcement de l'unité et de la cohésion nationale.

Parallèlement, a-t-il ajouté, des discussions sont en cours pour la tenue d'un referendum constitutionnel prévu vers la fin de l'année, en vue de l'adoption d'une nouvelle Constitution qui prendra mieux en compte l'évolution du contexte socio-politique de la Côte d'Ivoire au cours des dix dernières années.

Malgré une situation sécuritaire largement stable, M. Ladscous a toutefois noté l'existence de « fragilités », y compris les conflits intra-communautaires dans certaines régions du pays et les menaces militaires dans le Sud-Est.

« Le pays est soumis à des zones de tensions dans la région de Boukani dans le Nord-Est, tel qu'attesté lors des affrontements violents qui ont éclaté dans la nuit du mercredi 23 au jeudi 24 mars entre des éleveurs et des agriculteurs à Bouna », a-t-il ainsi rappelé, précisant que ces affrontement ont fait au moins 30 morts et entraîné le déplacement de plus de 2.000 personnes.

Depuis l'attaque terroriste du 13 mars dernier à Grand Bassam, revendiquée par le groupe al-Mourabitoun, affilié à Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), le gouvernement a pris des mesures proactives pour identifier et traduire en justice les responsables de ces attaques, a par ailleurs noté M. Ladsous, saluant au passage le renforcement de la coopération sous régionale dans leur lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent.

Si la Côte d'ivoire reste encore en proie à une situation sécuritaire volatile, caractérisée par la présence de miliciens et la prolifération des armes légères et de petit calibre, la stabilisation du pays a toutefois permis le retour des déplacés et réfugiés, mettant ainsi un terme à la crise humanitaire, a salué le Secrétaire général adjoint.

Aux vues de ces différents éléments, il a déclaré qu'il « serait judicieux, à mon avis, de conclure la phase de notre engagement collectif à travers la Mission de maintien de la paix dans le pays ».

Tout en se félicitant que le Conseil de Sécurité soit disposé « dans un proche avenir » à déterminer que la situation en Côte d'Ivoire ne constitue plus une menace pour la paix et la sécurité régionale, M. Ladsous a appelé à définir le futur rôle de l'ONU dans le pays afin de soutenir la consolidation de la paix, la stabilité et la démocratie.

 

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