Nigéria : deux ans après l'enlèvement des lycéennes de Chibok, des experts de l'ONU déplorent l'absence de progrès

12 avril 2016

Près de deux ans après l'enlèvement de plus de 200 lycéennes par Boko Haram à Chibok, au Nigéria, des experts des droits de l'homme africains et de l'ONU ont appelé le groupe extrémiste à révéler immédiatement leur emplacement et à procéder à leur libération, ainsi qu'à celle des centaines d'autres civils détenus par le groupe.

Près de deux ans après l'enlèvement de plus de 200 lycéennes par Boko Haram à Chibok, au Nigéria, plusieurs experts des droits de l'homme africains et de l'ONU ont appelé mardi le groupe extrémiste à révéler immédiatement leur emplacement et à procéder à leur libération, ainsi qu'à celle des centaines d'autres civils détenus par le groupe.

« Au cours des deux dernières années, en dépit des assurances données par les plus hautes autorités de l'Etat nigérian, les parents n'ont constaté aucun progrès concrets dans la localisation et la libération de leurs filles », ont déclaré les experts indépendants dans un communiqué de presse conjoint, appelant le gouvernement du pays à redoubler d'effort pour libérer tous les civils détenus par Boko Haram.

Le 14 avril 2014, plus de 276 lycéennes avaient été enlevées par le groupe islamiste dans leur école à Chibok, dans l'Etat de Borno, au nord-est du Nigéria. Bien que certaines d'entre elles aient été en mesure d'en réchapper, le sort de la majorité des lycéennes reste à ce jour inconnu.

« Le manque d'accès à l'information augmente la souffrance des familles des personnes enlevées, et nourrit de faux espoirs et des frustrations », ont déploré les experts indépendants, demandant au gouvernement du Nigéria de respecter le droit de ces familles à être informé et de créer un poste de coordinateur pour assurer la liaison avec elles.

Les experts se sont par ailleurs inquiétés de l'absence de suivi dans l'apport de soins médicaux et de services de réinsertion aux victimes de violence sexuelle qui sont parvenues à échapper à Boko Haram ou ont été libérées par l'armée nigériane au cours des deux dernières années.

« La réinsertion et la réadaptation des femmes et des enfants sont essentiels pour mettre le pays sur la voie d'une paix durable », ont-ils dit, tout en appelant la communauté internationale à appuyer le Nigéria dans sa lutte contre les violations perpétrées par Boko Haram et afin que ces violations fassent toutes l'objet d'enquêtes indépendantes et approfondies.

Les experts ont appelé Boko Haram à révéler immédiatement l'emplacement des lycéennes de Chibok et à procéder à leur libération, ainsi qu'à celle des centaines d'autres civils détenus par le groupe extrémiste.

Ce communiqué de presse a été publié conjointement par la Rapporteuse spéciale sur la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants, Maud de Boer-Buquicchio, la Rapporteuse spéciale sur les formes contemporaines d'esclavage, Urmila Bhoola, la Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences, Dubravka Simonovic, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la traite des personnes, Maria Grazia Giammarinaro, la Rapporteuse du Groupe de travail chargé de la question de la discrimination à l'égard des femmes dans la législation et dans la pratique, Eleonora Zielinska, le Rapporteur spécial sur le droit qu'a toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible, Dainius Puras, et la Rapporteuse spéciale sur les droits de la femme en Afrique de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, Lucy Asuagbor.

 

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