L'UNICEF juge urgent que l'on entende les enfants migrants et réfugiés coincés en Grèce

8 avril 2016

A l'heure où les réfugiés et les migrants bloqués sur les îles grecques regagnent la Turquie en vertu de l'accord conclu entre Ankara et l'Union européenne, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a rappelé cette semaine aux Etats leur obligation de prendre soin et de protéger tous les enfants et de leur donner la possibilité de s'exprimer lorsque leur avenir est en cause.

L'UNICEF déclare se réjouir de la nouvelle loi grecque, entrée en vigueur le 4 avril dernier, qui exempte certains groupes vulnérables tels que les enfants non-accompagnés ou séparés, les enfants porteurs de handicap, victimes de traumatismes ou en détresse, les femmes enceintes ou récemment accouchées, de retours forcés ou de procédures frontalières exceptionnelles. Ceci même s'il reste davantage à faire.

Actuellement, plus de 22.000 enfants réfugiés et migrants sont coincés en Grèce, confrontés à un avenir incertain et même à des formes diverses de détention depuis la mise en application de l'accord le mois dernier.

L'UNICEF a dit souhaiter la mise en place d'une procédure bien coordonnée afin d'établir quel est le meilleur intérêt des enfants et de satisfaire les besoins de chacun d'entre eux entendant par là un logement décent, des soins de santé, une protection contre le trafic d'êtres humains et l'exploitation conformément aux lois internationales et européennes.

De par leur situation, les enfants ont des raisons particulières de pouvoir bénéficier d'une protection internationale notamment pour échapper au mariage forcé et au recrutement dans des forces armées. La Commission européenne a bien stipulé que les retours devaient s'effectuer conformément au droit international européen.

« Toute décision prise à propos d'un enfant, qu'il soit bébé ou adolescent, qu'il ait une famille ou non, doit toujours être guidée par la notion du meilleur intérêt de l'enfant », a expliqué la Coordinatrice spéciale pour la crise des réfugiés et des migrants en Europe, Marie-Pierre Poirier.

« Les enfants doivent être entendus. Une décision de retour précipitée peut avoir des conséquences négatives et conduire des personnes dans des lieux où règnent la violence et la peur. Les enfants, quels que soient leurs lieux d'origine, doivent pouvoir bénéficier à tout moment de services de base », a-t-elle ajouté.

La capacité de prendre en charge les enfants séparés et non-accompagnés a atteint ses limites en Grèce. Faute de lieux d'accueil disponibles, beaucoup sont mis en détention par mesure de protection ou de facto dans des centres fermés ou dans des infrastructures de police dès leur arrivée, et ce pour des périodes toujours plus longues.

« L'UNICEF est préoccupé par des rapports indiquant que certains enfants sont détenus sur base de leur statut en tant que migrant. Fuir la guerre et chercher à survivre n'a jamais constitué un crime », a dit Mme Poirier.

Les enfants séparés et non-accompagnés qui sont au nombre de 2.000 comptent parmi les plus vulnérables et représentent environ 10% de tous les enfants réfugiés et migrants en Grèce. Mais tous ne sont pas enregistrés. Entre janvier et la mi-mars 2016, 1.156 enfants séparés et non-accompagnés ont été recensés en Grèce (une augmentation de 300% comparée pour la même période en 2015).

 

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