« Les Haïtiens ont hâte de retrouver un fonctionnement régulier et normal », selon l’envoyée de l'ONU en Haïti

17 mars 2016

La Représentante spéciale du Secrétaire général pour Haïti et cheffe de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation du pays (MINUSTAH), Sandra Honoré, de Trinité-et-Tobago, a pris ses fonctions le 15 juillet 2013, succédant à Mariano Fernández Amunátegui, du Chili, qui a achevé son mandat le 31 janvier 2013.

Au titre de sa vaste expérience dans le domaine des relations internationales, Mme Honoré a notamment travaillé par le passé en tant que Chef de cabinet du Sous-Secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), de 2000 à 2005, et comme Assistante spéciale du chef de la Mission d’observation électorale de l’OEA en Haïti, de 1995 à 1996. Diplomate de carrière depuis 1979, Mme Honoré a par ailleurs servi son pays aux travers de postes variés, notamment en tant qu’Ambassadrice de Trinité-et-Tobago au Costa Rica, jusqu’en août 2012.

Ce sont ces élections qui vont faire en sorte que le pays puisse survivre à l’impasse actuelle

Lors d'un récent passage au siège de l'ONU, à New York, au cours duquel elle s’est entretenue avec les membres du Conseil de sécurité de l’Organisation sur la situation en Haïti, Mme Honoré a rencontré le Centre d'actualités de l'ONU et la Radio des Nations Unies, avec qui elle a discuté de l’importance pour Haïti de mener à leur terme les élections générales entamées en 2015, afin de garantir la continuité et la constitutionalité du pouvoir politique dans le pays.

« Ce sont ces élections qui vont faire en sorte que le pays puisse survivre à l’impasse actuelle », a-t-elle déclaré, à propos des scrutins qui doivent avoir lieu le 24 avril 2016, y compris le second tour de l’élection présidentielle. « Les Haïtiens ont hâte de retrouver un fonctionnement régulier et normal », a-t-elle ajouté.

[NDLR du 21 avril 2016 : depuis cet entretien, le Conseil électoral provisoire (CEP) a été réinstallé le 30 mars et aucune date de calendrier des élections n’a été publiée depuis.]

Centre d'actualités de l'ONU : Pourriez-vous nous donner un aperçu des grandes étapes du processus électoral et de la situation politique actuelle en Haïti ?

Sandra Honoré : Le processus électoral a été initié en Haïti le 9 aout 2015, avec le premier tous des élections législatives. Cela a été suivi, le 25 octobre 2015, par le second tour des élections législatives, le premier tour des élections présidentielles et les élections municipales. Le second tour des élections présidentielles aurait dû avoir lieu le 27 décembre 2015. Il a été ajourné jusqu’au mois de janvier 2016. Malheureusement, le second tour des élections présidentielles et les élections pour certains sièges au Parlement n’ont pas pu avoir lieu en janvier dernier. L’aspect positif est que, suite aux deux tours en août et octobre 2015, 14 sièges sur 20 au total ont été pourvus au Sénat, et 92 sièges sur 119 au total ont été pourvus à la Chambre des députés. Je dis positif parce que le Parlement haïtien a pu de nouveau fonctionner, au 1er janvier 2016, après une année de disfonctionnement.

Centre d'actualités de l'ONU : Pouvez-vous décrire les circonstances de l’élection de Jocelerme Privert en tant que Président provisoire du pays, une semaine après le départ de l'ancien Président, Michel Martelly, le 7 février 2016 ?

Sandra Honoré : En raison du fait que le mandat du Président Martelly allait prendre fin sans qu’un Président élu puisse assurer sa succession, un accord politique pour la continuité institutionnelle a été conclu entre le Président Martelly, le Président du Sénat de l’époque, Jocelerme Privert [actuellement Président provisoire d’Haïti], et le Président de la Chambre des députés. Cet accord a été inspiré par la constitution. Selon les termes de cet accord, le Parlement haïtien a élu un Président provisoire en la personne de M. Privert, avec un mandat défini de 120 jours. L’accord définit un certain nombre de tâches pour le Président provisoire et pour le Parlement. Il prévoit, entre autres, la création d’un gouvernement de consensus et la poursuite du processus électoral initié en 2015, y compris la réinstallation du Conseil électoral provisoire et l’organisation des élections présidentielles, du second tour des élections législatives et des élections locales.

Centre d'actualités de l'ONU : Ces élections sont donc prévues pour le 24 avril prochain…

Sandra Honoré : Selon l’accord, oui. La date prévue pour les élections est le 24 avril.

Centre d'actualités de l'ONU : Quelles sont vos attentes concernant ces élections ?

Sandra Honoré : Mon souhait, en ce qui concerne ces élections, est que toutes les parties prenantes, les autorités, le futur Conseil électoral provisoire, les partis politiques et la société civile, travaillent en faveur du succès de ces élections. Ce sont ces élections qui vont doter le pays d’un Président élu. Ce sont ces élections qui vont faire en sorte que le pays puisse survivre à l’impasse actuelle. Et ce sont ces élections qui vont servir à créer un cadre pour le développement socio-économique continu du pays

Centre d'actualités de l'ONU : En tant que Représentante du Secrétaire général pour Haïti, vous êtes amenées à rencontrer les acteurs sur le terrain. Que vous disent ces acteurs et les Haïtiens ?

Sandra Honoré : Les Haïtiens avec qui j’ai l’occasion d’échanger des idées et des opinions ont tous et toutes le désir de voir le pays avancer, de voir l’économie du pays croitre à tous les niveaux et, surtout, de vivre dans la stabilité. Les Haïtiens ont hâte d’avoir un fonctionnement régulier et normal, le désir de créer des opportunités pour leurs enfants et de voir le développement socio-économique du pays avancer.

Centre d'actualités de l'ONU : Vous êtes venue rendre compte de la situation dans le pays auprès du Conseil de sécurité de l’ONU. Quel a été votre principal message pour les 15 membres ?

Sandra Honoré : Mon principal message aux 15 membres, dont est issu le mandat de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation du pays (MINUSTAH), a été d’expliquer la situation actuelle, à savoir le travail réalisé par la MINUSTAH. La MINUSTAH a atteint la dernière année de sa mission de consolidation de la paix, avant la transition vers une nouvelle configuration de la présence de l’ONU en Haïti. Malgré l’impasse politique actuelle, le processus électoral doit donc continuer. J’ai également présenté au Conseil des informations sur le travail de préparation pour la transition de la MINUSTAH que nous sommes en train d’effectuer et que l’on nous a demandé d’effectuer dans le cadre du mandat du Conseil, pour donner au peuple haïtien la possibilité de prendre pleinement en main son destin.

Centre d'actualités de l'ONU : Quelles ont été les réactions du Conseil face à cette situation et à votre message ?

Sandra Honoré : Les membres du Conseil ont exprimé leur préoccupation. Cela fait maintenant quelques années que le Conseil suit tout particulièrement la question du processus électoral en Haïti, en particulier la question du processus de consolidation de la démocratie dans le pays. Les 15 membres se sont dits préoccupés à cause de l’ajournement du processus électoral initié en 2015 et ont exprimé le désir que la présidence provisoire du pays, le gouvernement provisoire et tous les acteurs concernés, y compris les acteurs politiques et la société civile, fassent le nécessaire pour parvenir à résoudre les questions importantes et arriver à restaurer la continuité institutionnelle.

Centre d'actualités de l'ONU : L’impasse politique actuelle impacte-t-elle le travail de consolidation de la Mission ?

Sandra Honoré : La Mission dispose d’un mandat du Conseil de sécurité qui vise la professionnalisation et la modernisation de la police nationale d’Haïti. Qui vise également le renforcement de l’état de droit, la promotion et la protection des droits de l’homme. Les bons offices de la Représente spéciale du Secrétaire général de l’ONU font également partie de ces attributions. Ce mandat et les tâches liées à ce mandat vont continuer. Notre volonté est de contribuer à ce que les autorités et la société haïtienne d’une manière générale prennent complètement en charge toutes les fonctions actuellement assumées par la MINUSTAH. Et nous allons continuer dans cette voie jusqu’à ce que le Conseil de sécurité nous donne de nouvelles instructions et un nouveau positionnement en ce qui concerne l’appui de cette Mission au pays.

Centre d'actualités de l'ONU : Quel a été l’apport de la Mission dans le fait d’arriver à un accord pour sortir de l’impasse politique ?

Il était important que les acteurs nationaux puissent trouver une solution nationale de consensus, ce qui a été le cas

Sandra Honoré : La Mission appuie le Conseil électoral provisoire et les autorités compétentes du gouvernement en ce qui concerne le renforcement des capacités et en ce qui concerne la formulation de conseils et d’avis pour l’organisation des élections. Le système des Nations Unies a contribué, contribue et contribuera au processus électoral, à travers notamment le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), qui développe un ensemble d’actions et d’activités dans le pays. Le PNUD est responsable de la gestion du Fonds fiduciaire pour les opérations électorales ; et l’UNOPS (Bureau des Nations Unies pour les services d'appui aux projets) a apporté son aide en matière d’organisation logistique des élections. L’Accord du 5 février a été un accord conclu entre les acteurs politiques haïtiens, notamment le Président de la République d’alors, le Président du Sénat et le Président de la Chambre des députés. Les bons offices de la Représentante du Secrétaire général sont des bons offices qui nous amènent à rentrer en contact avec la société dans son ensemble, avec les partis politiques, les ONG et les organisations responsables de la promotion des droits de l’homme. Nous sommes constamment en contact avec tous ces éléments de la société. Nous n’avons pas pris part à la conclusion de cet accord du 5 février, mais nous avons appuyé, encouragé et exhorté les acteurs à parvenir à un accord capable de restaurer la continuité institutionnelle, parce que la pays était sous la menace d’un vide constitutionnel. Il était important que les acteurs nationaux puissent trouver une solution nationale de consensus, ce qui a été le cas.

Centre d'actualités de l'ONU : Quelles recommandations souhaiteriez-vous formuler à l’attention des autorités provisoires actuelles et du futur gouvernement ?

Sandra Honoré : Les autorités provisoires ont une tâche clairement définie dans l’accord du 5 février. Ces tâches ont principalement trait à l’organisation des élections, la poursuite du processus électoral initié en 2015. Il est important que le pays arrive à conclure ce processus pour avoir un Président de la République élu et un gouvernement en conformité avec les dispositions de la constitution haïtienne. Mon message aux autorités sera de mettre en œuvre cet accord, de trouver la façon de parvenir à des positions consensuelles et de démontrer leur engagement à agir dans l’intérêt du peuple haïtien et dans l’intérêt supérieur de la Nation haïtienne.

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