Le Conseil de sécurité appelle la région des Grands Lacs à mettre en œuvre l'accord de 2013 pour la paix en RDC

31 mars 2016

Le Conseil de sécurité a regretté que seuls des progrès limités aient été accomplis jusqu'ici dans la mise en œuvre des engagements nationaux et régionaux pris dans l'Accord-cadre pour la paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo (RDC) et la région, signé le 24 février 2013 à Addis-Abeba, en Ethiopie.

Dans une déclaration de la Présidence du Conseil adoptée jeudi, les membres du Conseil ont réaffirmé qu'il importe de neutraliser tous les groupes armés actifs dans l'est de la RDC, en particulier les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), les Forces démocratiques alliées (ADF), l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) et les groupes maï-maï.

Il a noté, à cet égard, l'annonce de la reprise des opérations militaires conjointes entre le gouvernement de la RDC et la Mission des Nations Unies pour la stabilisation dans le pays (MONUSCO) et a demandé à ce que cette reprise soit immédiate.

Le Conseil a par ailleurs demandé aux gouvernements de la RDC, de l'Ouganda et du Rwanda de renforcer leur collaboration afin d'assurer le rapatriement des ex-combattants du groupe M23 se trouvant au Rwanda et en Ouganda.

Rappelant l'engagement pris par la région dans l'Accord-cadre de ne pas héberger de personnes accusées de crimes de guerre et de ne pas apporter une assistance aux groupes armés, notamment par la voie du recrutèrent, le Conseil a prié instamment tous les pays de la région des Grands Lacs de coordonner leurs efforts pour enquêter sur toutes les allégations selon lesquelles des ex-combattants du M23 auraient commis des crimes graves au regard du droit international.

Le Conseil a insisté sur l'impératif absolu que constitue la cessation du recrutement des enfants dans des groupes armés ainsi que sur la nécessité d'autonomiser les jeunes et d'encourager les initiatives visant à favoriser leur emploi dans la région.

S'il a constaté avec satisfaction que les élections organisées dans plusieurs pays de la région des Grands Lacs se sont déroulées dans le calme, le Conseil a cependant noté que certains scrutins récents et en cours dans d'autres pays de la région font sérieusement craindre une recrudescence de l'instabilité et de la violence.

Le Conseil a exhorté la région à appuyer les initiatives destinées à promouvoir un dialogue « sans exclusive » entre les parties prenantes nationales, et a insisté sur la nécessité d'ouvrir l'espace politique pour permettre aux partis politiques pacifiques, à la société civile et aux médias de participer pleinement et librement au processus politique.

Il a en outre exhorté la région à appuyer le renforcement et l'amélioration des capacités en matière d'élections et de gouvernance des pays de la région des Grands Lacs.

Le Conseil a par ailleurs demandé aux Etats membres de la région des Grands Lacs de prendre des mesures pour garantir que les scrutins électoraux favorisent la paix et la sécurité, en faisant en sorte que les élections aient lieu en temps voulu et se déroulent « de façon pacifique, ouverte à tous et crédible ».

Le Conseil s'est en outre dit gravement préoccupé par la poursuite de l'exploitation et du commerce illicite des ressources naturelles dans l'est de la RDC. Il a par conséquent demandé instamment aux Etats signataires de l'Accord-cadre, aux organisations régionales et à la communauté internationale, de coordonner leurs efforts pour saper les bases économiques des groupes armés qui tirent profit de ce commerce illicite et pour prévenir l'exploitation des femmes et des enfants dans le commerce de ces ressources naturelles.

 

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