Soudan du Sud : l'ONU note une dégradation de la situation malgré l'accord de paix d'août 2015

31 mars 2016

Deux hauts responsables des Nations Unies ont noté jeudi devant le Conseil de sécurité une dégradation de la situation au Soudan du Sud malgré l'accord de paix signé en août 2015 par les belligérants.

« Les civils continuent d'être ciblés, attaqués et déplacés, et les besoins humanitaires continuent d'être aigus, exacerbés par des problèmes récurrents d'accès », a déclaré le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires, Stephen O'Brien, lors d'une réunion du Conseil consacrée à la situation au Soudan du Sud. « Malgré l'appel à une cessation des hostilités inscrit dans l'accord de paix, le conflit s'est étendu géographiquement ».

Selon M. O'Brien, les nouvelles violences observées ont causé le déplacement de plus de 150.000 personnes.

Le chef de l'humanitaire de l'ONU a rappelé que près de 200.000 personnes continuent d'être protégées dans des sites de l'ONU parce qu'elles ont toujours peur de rentrer chez elles.

« Les termes de l'accord de paix n'ont clairement pas été suffisants pour stopper l'aggravation de la situation et ses implications pour des millions de civils à travers le pays », a dit Stephen O'Brien, qui a appelé la communauté internationale à agir.

« Je demande au Conseil de sécurité d'appeler les parties au conflit et tous les acteurs armés opérant au Soudan du Sud à respecter leurs obligations de protéger les civils, d'autoriser un accès humanitaire libre et sans entrave et de protéger les travailleurs humanitaires en vertu du droit humanitaire international et des droits de l'homme », a-t-il ajouté. « Je demande au Conseil de sécurité d'être solidaire de la population du Soudan du Sud ».

La Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l'homme, Kate Gilmore, a également déclaré jeudi devant le Conseil de sécurité que malgré l'accord de paix de 2015, les violations des droits de l'homme et les abus contre la population se poursuivent sans relâche.

Elle a souligné que le Haut-Commissariat aux droits de l'homme (HCDH) avait noté « une diffusion alarmante de la violence et de l'insécurité dans des zones qui étaient jusque-là moins affectées par le conflit ».

« En outre, l'espace pour l'exercice de la liberté d'expression, notamment la contestation, s'est rétréci considérablement alors que les défenseurs des droits de l'homme, les journalistes et d'autres acteurs de la société civile sont soumis à des intimidations, du harcèlement et des détentions sans procédure régulière », a-t-elle ajouté.

Mme Gilmore a rappelé que l'accord de paix prévoit la création d'une Commission pour la vérité, la réconciliation et la guérison, un Tribunal hybride pour le Soudan du Sud et une Autorité de réparation et de compensation. Toutefois, aussi bien le gouvernement national de transition et d'union et ces mécanismes n'ont pas à ce jour été établis.

« La communauté internationale doit faire ce qu'il faut pour soutenir le gouvernement national de transition et d'union, une fois qu'il est formé, afin que ces mécanismes puissent être mis en place pour fonctionner pleinement de manière efficace », a-t-elle ajouté.

 

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