Suite à l'accord UE-Turquie sur les migrants, le HCR interrompt certaines de ses activités en Grèce

22 mars 2016

Suite à la mise en œuvre de l'accord conclu la semaine dernière entre l'Union européenne (UE) et la Turquie pour mettre fin à l'afflux de migrants en Europe, le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé mardi la suspension d'un certain nombre de ses activités dans les îles grecques.

« Dimanche dernier, les dispositions convenues entre l'UE et la Turquie pour endiguer l'arrivée massive des réfugiés et des migrants en Grèce et vers le reste de l'Europe sont entrées en vigueur », a noté la porte-parole du HCR, Melissa Fleming, lors d'une conférence de presse à Genève.

Dès samedi 19 mars, a-t-elle également observé, les autorités grecques ont accéléré le transfert vers le continent d'environ 8.000 réfugiés et migrants qui étaient arrivés dans ses îles avant le 20 mars, afin de les séparer des personnes arrivées après cette date, qui se verront quant à elle appliquer les dispositions du nouvel accord.

Selon la presse, en vertu du pacte conclu vendredi 18 mars entre l'UE et la Turquie, tous les nouveaux migrants arrivés illégalement de Turquie en Grèce à partir de dimanche 20 mars seront susceptibles d'être renvoyés en Turquie. Ils auront toutefois la possibilité d'effectuer une demande d'asile en Grèce.

« Le HCR a jusqu'à présent soutenu les autorités dans les points dits 'chauds' sur les îles grecques, où les réfugiés et les migrants ont été reçus, aidés, et enregistrés », a rappelé la porte-parole du HCR, ajoutant cependant que l'accord du 18 mars a transformé ces sites en lieux de détention.

« En conséquence, et conformément à notre position contre la détention obligatoire, nous avons suspendu certaines de nos activités dans tous les centres fermés sur les îles », a-t-elle indiqué, y compris le transport des réfugiés et migrants en direction de ces sites.

Toutefois, Mme Fleming a déclaré que le HCR maintiendra une présence sur place afin de s'assurer que les droits des réfugiés sont respectés et leur fournir des informations sur les droits et les procédures de demande d'asile.

« Le HCR craint que l'accord entre l'UE et la Turquie ait été mis en œuvre avant que les garanties requises ne soient en place en Grèce », a par ailleurs déclaré la porte-parole, ajoutant qu'à l'heure actuelle, la Grèce n'a pas une capacité suffisante dans ces îles pour évaluer les demandes d'asile et pour accueillir les personnes décemment et en toute sécurité, en attendant l'examen de leurs cas.

« Le HCR n'est pas partie à l'accord entre l'UE et la Turquie, et nous ne serons pas impliqués dans les renvois ou dans les détentions », a clarifié Mme Fleming. « Nous allons continuer à aider les autorités grecques à développer une capacité d'accueil suffisante », a-t-elle précisé.

 

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