Liban : le Conseil de sécurité s'inquiète des conséquences de la crise syrienne sur la stabilité du pays

17 mars 2016

Le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé jeudi son inquiétude face à l'impasse politique actuelle au Liban, manifestée par la vacance prolongée de la présidence libanaise, ainsi que face aux conséquences négatives de la crise syrienne sur la stabilité du pays.

Dans une déclaration de presse, le Conseil de sécurité de l'ONU a annoncé avoir été informé de la situation au Liban, le 16 mars 2016, par le Coordonnateur spécial du Secrétaire général pour le Liban, Sigrid Kaag, notamment sur la mise en œuvre de la résolution 1701 (2006) du Conseil, qui avait établi un cessez-le-feu à la suite de combats entre Israël et le Hezbollah en 2006. Le Conseil s'est également entretenu de la situation du pays avec le Sous-Secrétaire général de l'ONU à l'état de droit, Dimitry Titov.

Les membres du Conseil de sécurité ont réaffirmé leur profonde préoccupation face à la vacance de la présidence libanaise, qui dure désormais depuis 21 mois. Cette vacance et l'impasse politique actuelle du gouvernement nuisent gravement à la capacité du Liban à faire face aux défis sécuritaires, économiques, sociaux et humanitaires auxquels le pays est confronté, ont estimé les 15 membres.

Le Conseil a appelé tous les dirigeants libanais à adhérer à la Constitution du Liban, à l'Accord de Taëf et au Pacte national, afin d'accorder la priorité à la stabilité et aux intérêts nationaux du pays, plutôt qu'à la politique partisane.

Le Conseil a exhorté toutes les parties à faciliter le fonctionnement des institutions de l'Etat et des services publics.

Exprimant sa préoccupation face à l'incapacité du Parlement à élire un Président, le Conseil a réaffirmé son appel à tous les dirigeants libanais à agir de manière responsable et à convoquer d'urgence une session parlementaire pour procéder à l'élection d'un Président.

Le Conseil a salué le gouvernement du Liban pour avoir fixé les dates des prochaines élections locales et a appelé les autorités libanaises à organiser ses élections dans le respect du calendrier fixé.

Le Conseil de sécurité a réitéré son ferme attachement à l'intégrité territoriale, la souveraineté et l'indépendance politique du Liban. Il a souligné le rôle crucial joué par les Forces armées libanaises et les forces de sécurité dans le maintien de l'autorité de l'Etat et de la stabilité du pays.

Les membres du Conseil de sécurité ont réitéré à cet égard leur appel à la poursuite du soutien international pour les Forces armées libanaises à travers une assistance supplémentaire dans les domaines où elles en ont le plus besoin, y compris dans la lutte contre le terrorisme et la protection des frontières.

Le Conseil a exprimé sa préoccupation face à l'impact négatif de la crise syrienne sur la stabilité du Liban et la menace immédiate que cette crise fait peser sur la sécurité du pays.

Le Conseil a noté avec préoccupation les violations de l'espace libanais aux frontières, y compris la présence de terroristes et de groupes extrémistes violents sur le territoire libanais, l'implication croissante de certaines parties libanaises dans les combats en Syrie et les risques que cela représente pour la stabilité du Liban et pour le peuple libanais.

Le Conseil a rappelé l'importance de la « politique de désolidarisation » du Liban et a appelé toutes les parties libanaises à cesser toute implication dans la crise syrienne, conformément à la Déclaration de Baabda, du 12 juin 2012.

Le Conseil a dit continuer d'être gravement préoccupé par l'impact de l'hébergement de plus de 1 million de réfugiés syriens enregistrés auprès du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) au Liban. Le Conseil a souligné que le soutien aux efforts du Liban pour gérer l'impact de l'afflux de réfugiés, y compris sur les services essentiels tels que l'éducation et la santé, est essentiel à la préservation de la stabilité du pays. Les membres du Conseil ont par conséquent exhorté la communauté internationale à s'acquitter de leurs engagements financiers.

Le Conseil a réitéré son plein appui à la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) et a renouvelé son appel à toutes les parties à respecter scrupuleusement leur obligation de respecter la sécurité de la FINUL et des autres personnels des Nations Unies. Les membres du Conseil de sécurité ont exhorté toutes les parties à veiller à ce que la cessation des hostilités soit maintenue.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.