Sur fond de crise des migrants, un film hollywoodien raconte la déchirure de l’exil

8 mars 2016

Alors que le débat actuel sur la crise des réfugiés et migrants en Europe a tendance à se cristalliser autour de thèmes xénophobes, la sortie mondiale d’un drame historique hollywoodien, mettant en scène une jeune immigrée tiraillée entre sa terre natale et son pays d’accueil, permet d’éclairer d’un regard humain l’expérience déchirante de la migration.

Nominé trois fois aux Oscars, le film « Brooklyn » raconte l’histoire d’une jeune Irlandaise dans les années 1950 qui, attirée par la promesse d'un avenir meilleur, quitte son pays et sa famille pour tenter sa chance de l'autre côté de l'Atlantique. Une fois installée dans le quartier de Brooklyn, à New York, elle est vite gagnée par le mal du pays et doit bientôt choisir entre son Irlande natale et les Etats-Unis.

« Ce film offre une perspective émouvante et perspicace sur la migration. Il nous rappelle que tout le monde est un migrant d'une manière ou d'une autre. Tout le monde doit être traité de manière équitable », a déclaré le Directeur de la division de la sensibilisation du public au sein du Département de l’information des Nations Unies, Maher Nasser. « Bien sûr, les conditions décrites dans le film sont loin des horreurs que la majorité des migrants et des réfugiés vivent aujourd’hui, mais l'essence de la migration reste la même ».

M. Nasser s’exprimait à l’occasion de la projection récente de « Brooklyn » au siège de l’ONU, à New York, en présence notamment de son actrice principale, Saoirse Ronan, et de l’auteur du roman du même nom dont il est issu, Colm Toibin.

« C’est une affaire complexe que d’arriver dans un nouveau pays. C’est une énigme, perdre son chez-soi et en gagner un autre », a estimé M. Toibin, dont le roman est paru en 2009, lors d’une table ronde qui a eu lieu après la projection.

Lui-même Irlandais, il a écrit son livre à un moment où des gens immigraient dans son pays, venus de Chine et de Pologne, signe que l’Irlande s’est enrichie depuis les années 1950.

« Curieusement l'Irlande n’était pas à l'aise avec cela », a-t-il noté. « Les gens étaient méfiants ».

Aujourd’hui, l’Europe est confrontée à une vague sans précédent de réfugiés et de migrants. Des centaines de milliers de personnes, fuyant notamment la guerre en Syrie, traversent la Méditerranée sur des embarcations de fortune pour rejoindre la Grèce avant de tenter de rejoindre ensuite les pays d’Europe du Nord.

Selon M. Toibin, l’Europe devrait regarder cette crise des réfugiés et des migrants différemment. « Au lieu de voir ces personnes comme des hordes désespérées, il faudrait les regarder une par une », a-t-il dit.

L’actrice américaine Saoirse Ronan, qui joue la jeune immigrante irlandaise du film, est elle-même la fille d’immigrés irlandais. « Ma mère et mon père ont déménagé dans le Bronx (à New York) dans les années 1980 car il n’y avait pas de travail à la maison. Ils sont venus ici pour travailler, avoir une vie meilleure et cela s’est accompagné d’énormes sacrifices », a-t-elle raconté lors de la table ronde.

Entre 1820 et 1967, 43 millions d'immigrants se sont établis aux États-Unis, dont plus de 9 millions d'Irlandais. Et ces immigrants, même s’ils n’ont pas été nécessairement bien accueillis à leur arrivée par les populations déjà installées, se sont finalement intégrés au fil des générations.

« Nous cherchons des idées auprès de tout le monde sur ce que nous pouvons dire aux pays sur la manière de recevoir les migrants, les réfugiés », a déclaré Karen Abuzayd, Conseillère spéciale des Nations Unies pour le Sommet sur la réponse aux vastes mouvements de réfugiés et de migrants, qui doit se tenir en marge de l'Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2016.

Selon elle, il s’agit de « regarder les choses, comme le film l’aide à le faire, de manière positive malgré les difficultés ». Il s’agit de voir ce qui est beau dans la diversité tout en étant réaliste au sujet des difficultés qui l’accompagnent, a-t-elle ajouté.

Mme AbuZayd a rappelé que les pays européens aux populations vieillissantes ont besoin de faire venir des gens plus jeunes pour faire fonctionner leurs économies. « Nombre de Syriens qui viennent sont bien éduqués, raffinés, et peuvent apporter une contribution positive », a-t-elle souligné.

« Les personnes qui émigrent sont souvent les plus capables, celles qui ont de l’argent, de l’énergie », a renchéri M. Toibin.

Et en plus, ils aident les membres de leur famille restés dans leur pays d’origine en envoyant de l’argent. Selon Mme AbuZayd, les envois d’argent par les émigrés à leur famille dans leur pays d’origine jouent un rôle important. « Une chose recommandée pour le sommet est par exemple de réduire le coût des transferts d’argent », a-t-elle souligné.

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