Yémen : l'ONU juge indispensable que les parties au conflit protègent les établissements de santé

3 mars 2016

A l'occasion d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU consacrée à la situation au Yémen, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires, Stephen O'Brien, a jugé jeudi inacceptable que des établissements de santé soient bombardés et estimé que les parties au conflit avaient pour obligation de protéger ces établissements.

« Des endroits protégés, tels que les hôpitaux, les écoles et les maisons continuent d'être frappés par toutes les parties » au conflit, a noté M. O'Brien lors d'un exposé devant les membres du Conseil de sécurité.

« Je redis une nouvelle fois que toutes les parties prenantes à ce conflit ont l'obligation, en vertu du droit international humanitaire, de prendre des mesures pour s'assurer que les civils et les biens civils soient protégés. Il est inacceptable que des établissements de santé soient frappés et il est crucial que les parties prenantes garantissent que ces endroits soient protégés », a-t-il ajouté.

Selon le Secrétaire général adjoint, en l'absence d'une fin du conflit négociée politiquement, « la situation sécuritaire se dégrade rapidement à travers une bonne partie du pays ».

A Aden, des attaques régulières sont perpétrées par divers groupes armés, dont Al-Qaïda dans la péninsule arabique, contre des membres des forces de l'ordre et du gouvernement. « Ces attaques et l'anarchie générale à Aden empêchent l'ONU d'y redéployer le personnel international depuis octobre 2015, ce qui a un impact direct sur notre capacité à évaluer les besoins et surveiller la réponse », a-t-il souligné. D'intenses combats autour de Sanaa, Mareb, Taëz et Saada restreignent également la capacité de l'ONU à fournir une assistance aux personnes qui en ont besoin.

M. O'Brien a noté que la prolifération des barrages routiers à travers le pays entravent l'action humanitaire en ralentissant le transport des biens et des services et dans certains cas en le bloquant complètement.

« Les exigences bureaucratiques imposées par les autorités houthies retardent et gênent également la livraison rapide de l'assistance humanitaire », a-t-il souligné.

Le Secrétaire général adjoint a déclaré que malgré ces difficultés, les agences de l'ONU et leurs partenaires continuent de fournir une assistance, souvent en prenant de gros risques. En février, par exemple, plus de 3 millions de personnes ont reçu une assistance du Programme alimentaire mondial (PAM), soit 400.000 de plus que le mois précédent.

Stephen O'Brien a encouragé le Conseil de sécurité de l'ONU et la communauté internationale dans son ensemble à jouer de leurs influences sur les parties au conflit pour les pousser à prendre davantage de mesures pour protéger les civils et à reprendre les pourparlers de paix.

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