Yémen : le chef de l'humanitaire de l'ONU préoccupé par la détérioration de l'accès humanitaire

16 février 2016

A l'occasion d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur la situation au Yémen, le chef de l'humanitaire des Nations Unies s'est dit préoccupé par l'accès de plus en plus restreint dont bénéficient les acteurs humanitaires dans le pays, alors même que les besoins de la population ne cessent d'augmenter.

« En plus de l'environnement actuel déjà dangereux, les parties au conflit contribuent à la réduction de l'accès humanitaire », a déploré le Secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires humanitaires, Stephen O'Brien, regrettant notamment que les Houthis et leurs alliés n'autorisent la circulation du matériel et personnel humanitaire que de façon très inégale.

« Au cours de la semaine dernière, alors que certaines agences des Nations Unies ont reçu des autorisations, plusieurs autres se sont vues refuser un accès pour des missions conjointes inter-agences à Ibb, Taëz et Saada », a-t-il précisé.

En outre, les livraisons humanitaires dans les zones où sévit le groupe terroriste Al-Qaida dans la péninsule arabique (AQPA), y compris dans le gouvernorat de l'Hadramaout et à Aden, sont extrêmement difficiles et dangereuses, a poursuivi le Secrétaire général adjoint.

L'accès aux gouvernorats du nord du pays, où les besoins sont les plus importants, est aussi le plus difficile, a par ailleurs indiqué M. O'Brien, en raison de l'intensité des combats, y compris des frappes aériennes le long de la frontière avec l'Arabie saoudite.

« Des informations récentes fournies par l'Arabie saoudite concernant la sécurité des travailleurs humanitaires dans les zones contrôlées par les Houthis ont eu une incidence sur la planification de la communauté humanitaire, entraînant des retards de missions importantes au cours des deux dernières semaines », a-t-il ajouté, précisant toutefois que Riyad a refusé au Coordonnateur humanitaire régional de l'ONU l'accès à son territoire, le 17 janvier dernier.

Le 11 février, a par ailleurs déploré M. O'Brien, un navire transportant du matériel humanitaire affrété par le Programme alimentaire mondial de l'ONU (PAM), à destination du port yéménite d'Hodeidah, a été détournée par les forces de la coalition vers le port saoudien de Jizan.

« Je souligne à nouveau la nécessité urgente pour le Conseil et la communauté internationale en générale, de faire pression sur les parties au conflit afin qu'elles respectent leur obligation de fournir un accès inconditionnel et durable à toutes les zones du Yémen, et de prendre des mesures supplémentaires pour protéger les civils », a appelé le Secrétaire général adjoint.

Rappelant, par ailleurs, que le Plan d'intervention humanitaire 2016 de l'ONU pour le Yémen est sur le point d'être rendu public d'ici la fin de la semaine, M. O'Brien a souligné l'importance de l'appui des donateurs pour financer les 1,8 milliard de dollars qui seront nécessaire pour répondre aux besoins prioritaires dans tous les gouvernorats du pays d'ici la fin de l'année.

Ces derniers comprennent une aide alimentaire à près de 9 millions de personnes, l'apport d'eau et de matériel d'assainissement pour 7,4 millions de personnes, des soins de santé urgents pour 10,6 millions de personnes et des interventions d'urgence pour enrayer l'aggravation des taux de malnutrition, déjà très élevés.

« Les Yéménites souffrent. Ils ont besoin que vous agissiez maintenant », a déclaré le Secrétaire général adjoint aux membres du Conseil de sécurité.

 

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