Syrie : l'ONU condamne les attaques répétées contre des hôpitaux

16 février 2016

Au lendemain d'une série de raids aériens meurtriers contre des hôpitaux en Syrie, le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme (HCDH) s'est déclaré mardi gravement préoccupé par les attaques répétées contre des établissements de santé dans le cadre du conflit.

« Bien que nous ne puissions dire avec certitude si ces établissements ont été intentionnellement ciblés, la multiplication de tels incidents soulève d'énormes question quant à l'échec des parties à respecter la protection spéciale accordée aux installations sanitaires et à leur personnel en vertu du droit international humanitaire », a déclaré le porte-parole du HCDH, Rupert Colville, lors d'un point de presse à Genève.

L'intervention de M. Colville avait lieu le lendemain d'une série de raids aériens meurtriers, ayant pris pour cible au moins quatre établissements hospitaliers et une école dans le nord de la Syrie.

Apportant des précisions sur ces différents drames, le porte-parole du HCDH a déclaré que deux hôpitaux, dont l'un soutenu par l'ONG Médecins sans Frontières (MSF), ont été bombardés à Maarat al-Numan, dans le gouvernorat d'Idlib. L'hôpital soutenu par MSF aurait été frappé par quatre missiles, qui auraient tué neuf personnes et blessé 30 autres, a-t-il précisé. Les frappes contre le second établissement, l'hôpital national de Maarat al-Numan, aurait quant à elles tué trois personnes et blessé six autres.

En outre, a poursuivi M. Colville, un hôpital pour les mères et les enfants dans la ville d'Azaz, près d'Alep, a également été pris pour cible, faisant 13 morts et des dizaines de blessés. Soutenu par l'ONU, cet établissement avait déjà été frappé par un raid aérien le 25 décembre 2015, a-t-il précisé. Un second hôpital de la ville d'Azaz a aussi été bombardé, a ajouté le porte-parole, une attaque qui aurait fait sept morts et 23 blessés.

Outre ces établissements hospitaliers, une école, également située à Azaz, a été ciblée par les bombardements de lundi, a déploré M. Colville, précisant que 14 personnes auraient trouvé la mort lors de cette frappe.

Condamnant fermement les attaques « répétées et odieuses » contre des hôpitaux en Syrie depuis 2012, le porte-parole du HCDH a rappelé que le droit international humanitaire garantit une protection spéciale pour les établissements de santé et leur personnel.

« Selon les circonstances, un raid aérien sur un hôpital peut constituer un crime de guerre. Attaquer intentionnellement des hôpitaux et des lieux contenant les malades et des blessés, ainsi que des unités médicales utilisant l'emblème de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge est un crime de guerre, dans un conflit armé non international », a précisé M. Colville.

 

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