Le virus Zika se propage de manière « alarmante » et pourrait constituer une situation d'urgence mondiale, selon l'OMS

28 janvier 2016

La propagation du virus Zika, notamment sur le continent américain, a pris une tournure « alarmante » et pourrait constituer une « situation d'urgence en matière de santé publique à l'échelle internationale », a déclaré jeudi la Directrice générale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Margaret Chan.

Lors d'un exposé devant le Conseil d'administration de l'OMS sur le virus Zika, Mme Chan a annoncé que le Comité d'urgence du Règlement sanitaire international (RSI) se réunira lundi à Genève pour décider si l'épidémie constitue une telle situation d'urgence.

L'arrivée récente du virus, qui est transmis par un moustique, dans certains pays du continent américain, notamment le Brésil, a été associé à une forte hausse des naissances de bébés atteints de microcéphalie et parfois également atteints du syndrome de Guillain-Barré, une affection encore mal connue dans laquelle le système immunitaire s'attaque au système nerveux, causant parfois une paralysie, a rappelé Dr Chan.

Une relation de cause à effet entre l'infection par le virus Zika et les handicaps de naissance et les syndromes neurologiques n'a pas été établie, mais elle est « fortement soupçonnée », a-t-elle précisé.

Afin d'expliquer pourquoi l'OMS est « profondément préoccupée » par la tournure des événements liés au virus Zika, Dr Chan a fait un bref historique de ce virus.

Le virus, a-t-elle dit, a été identifié pour la première fois en 1947 chez un singe dans la forêt de Zika, en Ouganda. Son origine se situait le long d'une étroite ceinture équatoriale allant de l'Afrique à l'Asie.

Pendant des décennies, la maladie, transmise par le moustique Aedes, a stagné, affectant essentiellement des singes. Chez les humains, le virus Zika a parfois causé une légère indisposition suscitant peu d'inquiétude.

En 2007, Zika a étendu son rayon géographique et causé la première éruption documentée dens les îles du Pacifique, dans les Etats fédérés de Micronésie. Depuis 2013-2014, quatre autres pays insulaires du Pacifique ont documenté d'importantes poussées du virus Zika.

En Polynésie française, l'éruption de Zika a été associée avec des complications neurologiques alors que le virus circulait en même temps que celui de la dengue, créant une situation difficile à interprêter.

« La situation aujourd'hui est profondément différente. L'année dernière, le virus a été détecté dans les Amériques, où il se répand maintenant de manière explosive », a dit Dr Chan.

« Le niveau d'alarme est extrêmement élevé », a-t-elle souligné. « En mai 2015, le Brésil a signalé son premier cas de maladie due au virus Zika. Depuis lors, la maladie s'est répandue au Brésil et dans 22 autres pays et territoires dans la région ».

« Les liens possibles avec les maladies neurologiques, apparus seulement récemment, ont rapidement modifié le profil du risque constitué par Zika, passant d'une menace modérée à une menace de proportions alarmantes », a-t-elle ajouté, précisant que l'incidence accrue des microcéphalies est particulièrement alarmante, car elle impose un fardeau très lourd aux familles et aux communautés.

L'OMS, a poursuivi la Directrice générale, est profondément préoccupée par cette situation pour 4 raisons principales:

  • le lien possible entre l'infection et des malformations de naissance et des syndromes neurologiques ;
  • le potentiel de propagation internationale compte tenu de la vaste répartition géographique du moustique ;
  • l'absence d'immunité des populations dans les zones nouvellement affectées ;
  • et l'absence de vaccins, de traitements spécifiques et de tests de dépistage rapides.

Le Bureau régional de l'OMS pour les Amériques (PAHO) travaille étroitement avec les pays affectés depuis mai 2015, a indiqué la Directrice générale de l'OMS.

Le PAHO a mobilisé ses personnels et des membres du Réseau d'étude et de réponse aux épidémies mondiales (GOARN) pour aider les ministères de la santé à renforcer leurs capacités à détecter l'arrivée et la circulation du virus Zika grâce à des tests de laboratoire et à une ransmission rapide de l'information. Le but est d'assurer des diagnostics cliniques corrects et des soins aux malades, de suivre la propagation du virus et du moustique qui en est porteur, et de promouvoir la prévention, en particulier par la lutte contre le moustique.

 

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